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Nom du blog :
naimananda
Description du blog :
Le parcours de Naïma, et plus particulièrement à partir de la CRS en Thaïlande le 15 janvier 2007
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
20.12.2006
Dernière mise à jour :
21.06.2007
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Les choses avancent

Posté le 21.06.2007 par naimananda
Je suis convoquée jeudi 28 juin au Palais de Justice d’Annecy. La raison : ma requête de changement d’état civil.

Je vais veiller à être la plus féminine possible !

D’après mon avocate, il y a peu de chance qu’une expertise médicale soit demandée. Le fait ne s’est produit qu’une fois à l’occasion d’un « cas très spécial ».

Quant à savoir quand la décision du procureur sera prise, mystère. La date de fin octobre est avancée.
Restera encore à attendre le courrier confirmant cela. Délai d’attente supplémentaire d’un mois environ.
Je ne pourrais bénéficier de mes nouveaux papiers pas avant décembre de cette année ou janvier 2008…

Patience donc.

Arrêtons de diaboliser certains médicaments !

Posté le 21.05.2007 par naimananda


Les médicaments que les transsexuelles sont amenées à prendre tout au long de leur processus de transformation et après la chirurgie de réassignation, sont à prendre avec circonspection.
L’Androcur n’est pas LE diable, il y en a bien d’autres… C’est notre propre attitude plus ou moins vigilante, plus ou moins tempérante, plus ou moins persévérante, qui nous met plus en danger que les remèdes eux-mêmes à partir du moment où le bilan préalable a permis de conclure à leur utilisation sous contrôle.

Face au nombre croissant de questions qui m’étaient posées à ce sujet, j’ai écrit les principes suivants qui doivent constituer une base à laquelle chaque MtF peut (devrait !) se référer afin de ne pas se mettre en danger. Cette base ne se prétend pas exhaustive. Avec votre aide, elle peut encore s’étoffer.

Voici les principes…

Premier principe : N’importe lequel des médicaments que nous sommes amenées à prendre, nous les MtF, n’est innocent
Anti-androgènes vrais (acétate de cyprotérone, c’est-à-dire l’Androcur et ses génériques) ou dérivés de leur indication première (finastéride…), oestrogènes naturels (17 bêta-oestradiol sous quelque forme que ce soit dont Estreva) ou de synthèse (éthynil-oestradiol présent dans de très nombreuses pilules anti-conceptionnelles), progestatifs naturels (Utrogestan et génériques) ou de synthèse (Colprone, Duphaston, Lutényl, Orgamétril, Surgestril, etc…), tous ces produits sont potentiellement dangereux.
La lecture des monographies de ces différentes classes médicamenteuses est édifiante à ce propos quand on prend la peine de lire les paragraphes consacrés aux contre-indications, précautions et effets indésirables.

Deuxième principe : Bien connaître son terrain
Si on est hépatique de constitution (tendance à mal digérer les aliments gras chez soi et chez au moins un des parents) ou de façon acquise (suite d’une hépatite virale, toxique ou médicamenteuse), nombre des médicaments que nous sommes amenés à prendre seront difficilement métabolisés et pourront éventuellement perturber le bilan biologique : Augmentation des transaminases surtout les SGPT (signe d’inflammation) ou/et de la gamma-GT (singe de rétention).
Si on présente déjà des varices, si un de nos parents en présente ou a fait un accident (paraphlébite, phlébite simple ou compliquée d’une embolie pulmonaire), la prise d’œstrogène est compromise… et le terrain hépatique est certainement fragile !
Si on prend déjà des médicaments pour quelque raison que ce soit, il faut vérifier leur impact sur le foie. C’est ainsi que le paracétamol (Dafalgan, Doliprane, Efferalgan… ) est un des plus toxiques ; effectivement, sil est pris régulièrement, il peut occasionner une hépatite toxique ou une stéatose (véritable foie gras, stade avant la cirrhose).

Troisième principe : Afin de réduire les risques médicamenteux, il est recommandé d’avoir la vie la plus saine possible
Arrêt du tabagisme actif (on fume soi-même) et passif (quelqu’un de son entourage proche est fumeur), consommation d’alcool réduite hormis le vin rouge conseillé à un verre par jour (tant qu’à faire du bon !), consommation modérée de graisses cuites et surtout trop cuites.

Quatrième principe : Plus on commence jeune à prendre ces médicaments, plus le risque augmente au fil des années
Il faut bien savoir qu’aucune étude n’existe à ce jour sur le suivi médicamenteux des transsexuel(le)s…
Les références auxquelles se rapportent les « spécialistes » qui nous suivent sont des travaux portant sur le THS, c’est-à-dire chez des femmes ménopausées à qui cette recommandation dépassera rarement les 7 ans… car on sait déjà qu’au-delà de cette durée d’utilisation, le risque de dégénérescence cancéreuse augmente sensiblement…
Nous sommes donc toutes, nous les MtF, du bétail d’expérimentation pour les générations futures !

Cinquième principe : Aider notre organisme en prenant des compléments alimentaires qui soulagent le travail du foie
Rechercher les formules à base d’artichaut, de chardon marie, de pissenlit et de desmodium. Et prendre la posologie recommandée même en l’absence d’antécédent.

Une hâte, retrouver « mon pays »…

Posté le 02.05.2007 par naimananda
Je me languis de la Haute-Savoie, de ses montagnes… et surtout de tous les amis que j’y ai laissés.
J’ai hâte d’y retourner.

Ma nouvelle activité semble bien démarrer. Je fais maintenant du « conseil en médecine nutritionnelle et environnementale »… Toujours sous mon identité masculine. Comme je ne travaille qu’à la maison, ce n’est pas un problème…
J’ai déjà commencé à chercher un appartement. Ce que j’ai visité jusqu’ici était trop petit ou trop sombre, j’attends donc de meilleures propositions. Reste une question : Être transsexuelle (je n’ai pas encore mes nouveaux papiers ! ), cela ne va-t-il pas gêner l’acceptation de mon dossier ?

A suivre.

Le temps fait son oeuvre

Posté le 02.05.2007 par naimananda
Il y a trois semaines de cela, je me suis étonnée de ne plus rien ressentir de la souffrance psychologique que je vivais au quotidien tout au long des 2002 à 2006… J’ai même tenté de retrouver le contact, de toutes mes forces… En vain… Et c’est fort aise ! Mais c’était tellement incroyable… J’avais de la peine à m’en convaincre.
Partageant cela avec une amie, celle-ci osa la comparaison suivante : Une femme souffre parfois énormément pendant le travail, puis ne s’en souvient plus quelques heures plus tard quand elle serre son nouveau-né dans ses bras. J’ai trouvé qu’il y avait un certain rapprochement possible entre ces deux situations.

Par ailleurs, ma femme va également sensiblement mieux.

Je crois que nous avons pris les meilleures décisions qui pouvaient se prendre, sinon l’une ou l’autre OU l’une et l’autre, nous serions tombées malade. Nous avons donc chacune sauvé notre peau.

Reste la séparation à laquelle nous avons été condamnées de nous résoudre. Je ne sais comment elle la vit… Pour ma part, il me faudra encore attendre pour pouvoir penser à elle ou la rencontrer sans être bouleversée.

« 6 inches, avez-vous dit ? »

Posté le 07.03.2007 par naimananda


Lorsque j’étais à Bangkok, une des principales attentes des futures « filles de Chet » était d’avoir un vagin suffisamment profond : « 6 inches minimum, sinon rien ! », soit environ 15 centimètres.
Pourquoi une telle profondeur ? Tout simplement parce que la lecture du site Internet du bon médecin montrait une dizaine de cas qui chacun affichait entre 6 et 7 inches.

Je me rappelle la désillusion de ma voisine de chambre et bientôt amie quand elle apprit qu’elle n’avait que 5 inches. Je me souviens également de la mienne lorsque quelques jours après la résorption de l’œdème des grandes lèvres, j’observais le dilatateur afficher 5 inches seulement.

Nous nous en inquiétâmes auprès des infirmières chargées de nous prodiguer les soins quotidiens. Tair se voulut rassurante en nous affirmant que la profondeur vaginale moyenne était de 5 inches et que ce qui importait était de conserver cette profondeur en pratiquant régulièrement les dilatations.
Il me fallut faire le calme en moi puis l’effort de me rappeler jusqu’où s’enfonçaient mes doigts lorsque je faisais un examen gynécologique quand j’étais encore médecin de campagne. Bien qu’il existe des différences notoires d’une femme à l’autre, mes doigts ne s’enfonçaient pas au-delà de l’articulation métacarpo-phalangienne.

Au fil des jours, je pris conscience que de nombreuses « nouvelles femmes » avaient à peu près la même profondeur que nous.

Sur la photo que j’ai placée en tête d’article, on voit que cette distance n’atteint pas les 4 inches. Lors d’un examen gynécologique approfondi, le médecin provoque un plissement des tissus mais la profondeur alors atteinte doit effectivement rarement dépasser les 5 inches.

Alors pourquoi l’abandon des 6 inches jusqu’alors pratiqués ?
L’hypothèse que j’avance est que construire un vagin plus profond que nature assurait une profondeur minimale après la rétraction des tissus régulièrement observée dans les semaines post-opératoires. Mais cela exige pour le chirurgien d’avoir assez de tissus disponibles pour cela : Les greffes à partir de la peau du scrotum sont inévitables.
Y aurait-il eu des problèmes post-chirurgicaux inhérents à cette recherche de plus grande profondeur ? La question reste entière. Je n’ai pas obtenu de réponse, la difficulté de communiquer augmentant le mystère.


Tout choix est une révolution…

Posté le 07.03.2007 par naimananda



Tout choix est une révolution : Des repères sont jetés à bas, d’autres érigés à leur place.
Qu’on soit l’initiateur de ce choix ou qu’on le subisse, une grande partie des conséquences nous sont inconnues. Et, paradoxalement, leur acceptation est certainement plus difficile de la part du premier que du second car, en prenant sa décision, l’initiateur minimise toujours le prix qu’il aura à payer s’il ne le refuse pas d’emblée.

J’en fais aujourd’hui l’expérience.

Un ami m’a dit récemment :
« Je t’admire, remettre tout en cause, ton identité, ton couple, ton travail, ton lieu de vie, il faut être courageux pour faire cela ! Et en plus, c’est la deuxième fois que tu le fais, chapeau ! »
Je n’ai rien répondu. Je ne me sentais pas fière, bien au contraire. Je prenais conscience plutôt de la force incroyable qu’est capable de développer le sentiment de mal-être intérieur quand il parvient aux limites du tolérable.
Quand on me demande : « Es-tu sûre d’avoir pris la bonne décision ? », je ne peux répondre ni par « Oui ! », ni par « Non ! » car d’une part je ne me suis jamais sentie aussi bien dans mon corps, et ce malgré les névralgies, et d’autre part j’en paie le prix, exorbitant : J’ai perdu la femme que j’aimais.

Ce que j’écris aujourd’hui n’est pas une découverte récente, je le savais avant même de quitter la France. Quelques jours avant d’embarquer, j’ai fortement envisagé de renoncer. Seule la certitude intérieure de la rechute me fit garder le cap : Combien de temps tiendrai-je ? Quelle en serait alors l’issue ? Le spectre du suicide s’était fait encore plus terrible.

Ce qui est aujourd’hui le plus douloureux, c’est de prendre conscience que j’ai toujours gardé l’espoir infantile que le miracle se ferait. « Il y a trop d’amour entre nous, tant de complicité, tant d’aspirations commune, Christiane… » Horrible virus que cette croyance qui ne prend en compte que mes besoins et nie ceux de celle que je disais aimer.

Une amie très chère à qui je me confiais, me répondit du haut de la sagesse de ses 30 ans de moins que moi :
« Tout choix est un renoncement. Aimer ce n'est pas vouloir l'autre, mais vouloir son bonheur… »
Imparable… Mais serai-je capable de renoncer ?




Patience, patience…

Posté le 07.03.2007 par naimananda
Patience, patience…


Les névralgies ne se sont guère apaisées…
Lasse de toujours souffrir malgré la prise de 6 à 8 comprimés d’antalgiques par jour, je les ai arrêtés. Comme je le pensais, cela n’a pas été suivi d’une intensification des douleurs. Les produits sont tout simplement inefficaces chez moi…
Le seul bénéfice que je tire de cette observation est la satisfaction de ne plus saturer mon organisme de ces molécules plus ou moins toxiques, notamment pour le foie.

Les journées sont donc rythmées par celui des douleurs, faibles au réveil, allant crescendo au fil des heures, s’accentuant brutalement aux alentours de l’heure du thé, intenables après le dîner. Je me couche immédiatement après.

Impossible donc d’avoir la moindre vie sociale.

Cela fait maintenant cinq semaines que cela dure : J’expérimente là l’épuisement et le découragement que vivent au quotidien les personnes atteintes de maladies douloureuses et chroniques… Je comprends leur irritabilité, leur désespoir et, lors des coups de blues, leur envie de mourir.
Il m’arrive de penser que, comme celles-ci, je suis peut-être moi aussi condamnée à subir ce supplice de Tantale. Sans répit, sans moment véritable de relâchement complet…

Travailler plus de deux heures de suite à l’ordinateur est inenvisageable. Devoir m’allonger plusieurs fois au cours de la journée, le temps de récupérer un peu, devient une difficile épreuve.
Moi qui rêvais de rechausser mes skis de skating d’ici une quinzaine de jours - ne m’avait-on pas dit que la reprise du sport était possible deux mois après l’opération ? - dois reporter sine die mes projets de bain dans la force revivifiante de la nature…
Patience, patience… saurai-je te dompter ?

Une convalescence plus longue que prévu…

Posté le 20.02.2007 par naimananda






Les douleurs du petit bassin rythment mes journées et réduisent considérablement mes ambitions : Moi qui pensais reprendre rapidement une activité professionnelle, au moins à mi-temps, j’en suis réduite à passer plusieurs heures allongée sur le canapé, heures pendant lesquelles je m’efforce de lire des articles médicaux ou des courriers de clients, afin d’avoir le sentiment de ne pas perdre complètement mon temps.

Je réalise seulement la sagesse des conseils de modération de Dannie, l’assistante française de notre chirurgien… Mais, comme en toute chose, seule l’expérience personnelle sert d’enseignement et je n’espère pas par ces quelques lignes, convaincre à mon tour, qui que ce soit parmi les prochaine opérées à plus de modération dans leurs ambitions à leur retour dans leur mère patrie…

Sans l’aide d’Odile et Roland (mes amis d’Annemasse) à mon retour immédiat de Bangkok, puis celle actuellement de mes parents, jamais je n’aurai pu satisfaire mes besoins les plus basiques tant les douleurs m’ont rendue dépendante…

Aujourd’hui, je comprends certains commentaires d’amies MtF opérées quelques mois avant qui, à mots couverts, évoquaient la même réalité…

Cela n’entache cependant pas ma joie, éprouvée vendredi dernier, lors de ma première visite chez une gynécologue : Rodée à suivre des MtF opérées, elle n’a pas caché sa stupéfaction face à la réussite chirurgicale chez moi. Je me souviendrai toujours de ses mots :
« Si vous n’aviez pas été adressée par le Dr … (mon psychiatre) et s’il n’y avait pas ces points de suture, jamais je n’aurais pu imaginer que vous n’étiez pas une femme d’origine… »

Cette reconnaissance me permet de retrouver courage quand le moral est en baisse.







Se laisser apprivoiser par notre nouveau corps

Posté le 12.02.2007 par naimananda





Avertissement : Les informations ci-dessous ont été établies à partir des observations faites auprès des MtF opérées par le Dr Chettawut à Bangkok. Aussi, pour toutes celles qui ont choisi un autre chirurgien, je vous prie d’adapter ces informations à la technique opératoire que vous avez subie ou allez subir.


Se faire opérer, nous en rêvons toutes.
Mais sommes-nous réellement prêtes à ce qui nous attend lorsque - enfin ! - le rêve devient réalité ?

L’article qui suit se propose de faire un exposé, non exhaustif, des suites opératoires immédiates et des phénomènes les plus fréquemment observés qui souvent nous posent question, voire nous inquiètent.
D’ailleurs, si vous avez des remarques, des questions, n’hésitez pas à me les communiquer. L’article en sera enrichi pour le bien de chacune d’entre nous, déjà ou bientôt opérée.


1. Ce qui peut arriver au cours de l’hospitalisation

Attention, de tout ce qui suit, il y a une faible éventualité que vous présentiez l’une ou l’autre des situations suivantes, et encore moins deux cumulées.


1.1 Des nausées, parfois des vomissements le lendemain de l’intervention

Il est évident que le terrain intervient ici fortement : Toute personne aux antécédents hépatiques (hépatite virale, intoxication accidentelle) ou/et porteuse d’une insuffisance fonctionnelle (intolérance aux produits gras et surtout aux graisses cuites) sera plus exposée à ce type d’effets secondaires de l’anesthésie car les produits utilisés, après avoir accompli leur mission, sont éliminés pour une part par le foie…
Bien que cette situation soit prévue - un anti-émétique est souvent mis d’emblée dans le liquide de perfusion - il arrive cependant que cela ne soit pas suffisant. Ne pas hésiter à demander un supplément d’aide.
De toute façon, dans la très grande majorité des cas, ce tableau ne dépasse pas le premier jour post-opératoire.


1.2 La diarrhée

Vite jugulée par des traitements appropriés. Elle ne dure pas également.


1.3 Le ralentissement de la progression des gaz sans arrêt de leur production

Situation qui peut être assez pénible car assez douloureuse. Outre la possibilité de demander des « médications for pain » (souvent deux comprimés de paracétamol), il semble que le fait de boire un demi verre d’eau, la plus fraîche possible, fasse redémarrer pour un moment le péristaltisme (contractions régulières de l’intestin en dehors du contrôle de la volonté) et permette l’évacuation de quelques gaz.
Dès la reprise de la marche, la situation rentre rapidement dans l’ordre.


1.4 La constitution d’un hématome

Pour celles qui ont profité de ce temps opératoire pour faire pratiquer également une mammoplastie, la constitution d’un hématome dans les parties déclives (c’est-à-dire dans le cas présent dans le bas du dos, à l’union avec les lombes). Les mouvements dans le lit s’en trouvent réduits… et demandent une certaine lenteur.


2. Ce qui peut arriver pendant la convalescence à l’hôtel

2.1 La difficulté à uriner droit les premières fois

C’est devenu un adage que de dire que « Les premières fois, on s’arrose partout !... » Et ce ne sont pas les différents efforts que nous pourrons faire ni les différentes positions que nous pourrons prendre, qui vont améliorer la chose.
C’est uniquement une question de temps, de quelques jours à une ou deux semaines. Alors, un peu de patience…


2.2 L’irritation du sillon fessier

Cependant de cet arrosage incontrôlé, il peut résulter pour certaines peaux sensibles, une irritation qui déborde la région génitale. L’utilisation de crème Jonctum® est alors justifiée autour de l’anus et sur les parois intérieures des cuisses en épargnant cependant toute la région sexuelle.


2.3 Le temps d’attente entre désir d’uriner et uriner

Il peut nous arriver de ressentir une envie pressante d’aller uriner, de nous précipiter aux toilettes, et là, de constater que la miction ne se produit pas. Il nous faut parfois attendre une à deux minutes pour que celle-ci commence.
Au fil des jours, ce genre de phénomène se fait de plus en plus rare.


2.4 La difficulté à ressentir la fin de la miction

Pour certaines d’entre nous, la fin de la miction ne semble pas arriver !... Effectivement, la sensation ressentie au niveau de l’urètre (Il faisait 17 cm avant l’intervention, il n’en fait maintenant qu’environ 3 ! Il possédait deux sphincters et n’en a plus qu’un…) est perturbée. D’où l’illusion que « Cela ne va jamais finir ! »
Dans un tel cas, il suffit d’être à l’écoute du bruit de notre jet ou de regarder dans la cuvette.
Comme au paragraphe précédent, ce genre de phénomène se fait de plus en plus rare au fil du temps.


2.5 Nous avons une autre odeur… Une odeur de femme !

Très rapidement, notre odorat est alerté par une odeur inhabituelle qui se dégage de ce nouveau sexe, inquiétante - « Aurai-je une infection vaginale ? » - qui nous incite à questionner la première infirmière qui passe. Après une visite en règle, celle-ci répond de façon rassurante :
« Nous, vous n’avez pas d’infection… Si c’était le cas, l’odeur serait vraiment plus désagréable et vous auriez d’autres phénomènes, démangeaisons, pertes blanches abondantes. Ce que vous avez, c’est l’odeur naturelle d’une femme chez qui une partie des tissus morts est évacuée quotidiennement par cette voie… Bienvenue dans le monde féminin ! »
C’est un choc pour certaines, mais si nous prenons la peine de nous remémorer l’odeur du sexe masculin - notre propre odeur pendant tant d’années - laquelle préférons-nous ?


2.6 La sensation de membre fantôme

Il s’agit là, au contraire des précédents, d’un phénomène très fréquent… et au début, combien effrayant !
Cela se produit tout particulièrement quand la sensibilité de la région se réveille, nous avons alors l’impression d’avoir mal à notre verge, à nos bourses, et cela nous paraît tellement véridique que nous ne pouvons nous empêcher de vérifier avec la main que nous avons bien été opérées !... « Ouah ! L’angoisse pendant quelques secondes ! »
Ce phénomène peut durer assez longtemps, favorisé notamment par la reprise trop rapide des activités ordinaires. CF paragraphe 2.11


2.7 Le réveil des nerfs touchés pendant l’intervention

Au cours de la seconde semaine après l’opération, souvent au moment même où nous voudrions partir faire du shopping, les nerfs touchés par le chirurgien commencent à se réveiller et à se manifester sous forme d’élancements soit sous forme de salves, soit sous forme d’une douleur plus ou moins lancinante.
Ne pas alors hésiter à demander des antalgiques. Malheureusement, la sensibilité à ces médicaments est très variable d’une personne à l’autre : Ainsi, l’une sera parfaitement soulagée, l’autre peu.
La prise de magnésium (à la posologie maximale indiquée par le fabricant, et ce pendant six semaines, le temps de remonter le pool) s’avère ici toujours utile car à elle seule, elle est capable de réduire de 30% la posologie des antalgiques.
De toute façon, la réduction des activités et le repos sont évidemment le meilleur traitement !... Ainsi que l’apprentissage de la patience…


2.8 La diminution apparente de la profondeur vaginale

La première mesure est pratiquée le jour de la sortie de l’hôpital Piyavate, juste après l’ablation du « package » intra-vaginal. Elle est souvent généreuse car elle prend en compte l’œdème des lèvres…
Aussi, trois jours plus tard, avons-nous perdu plus d’un centimètre ! Rien de plus normal, donc rien d’alarmant.

La technique chirurgicale actuellement utilisée assure, sauf cas particuliers, une profondeur de 5 pouces, soit un peu moins de 13 centimètres. Souvent un peu plus, de sorte que les 14 peuvent être atteints.


2.9 La difficulté à s’asseoir droite

C’est là la difficulté que nous rencontrons toutes, sans exception, car la technique chirurgicale employée sur nous crée un point dur et sensible entre l’anus et l’arrière de la vulve, dans cet espace qu’on appelle normalement le périnée.
S’asseoir droite donne l’impression d’un bout de bois fiché sur lequel nous nous empalons. Ce n’est pas insurmontable mais c’est loin d’être confortable.
Comme le reste, le temps fait son œuvre en environ trois semaines.

Dans l’attente, deux solutions :
2.7.1 L’achat d’une bouée matelassée (auprès du médecin pour 500
baths, soit 11 euros environ).
2.7.2 S’asseoir légèrement vautrée, c’est-à-dire sur l’arrière des fesses.
Nous n’en sommes plus à un regard de travers, n’est-ce pas ?


2.10 La crise de nerfs sur fond de petite déprime

La plupart d’entre nous avons été fragilisées nerveusement par les épreuves que nous avons dû traverser avant d’obtenir le certificat du psychiatre autorisant l’intervention. Aussi, sommes-nous devenues plus sensibles au moindre stress.
Le traitement hormonal que nous prenons nous fragilise également.
De plus ici, bien que tout soit ici pensé pour que notre séjour soit le plus confortable possible, nous sommes soumises à trois types de stress bien particuliers :
2.8.1 La fragilité des greffes que nous subissons nous oblige à restreindre considérablement nos envies de sorties hors de l’hôtel. Aussi, assez rapidement, nous vivons-nous comme des recluses dans une prison dorée…
2.8.2 Le rituel des deux ou trois dilatations quotidiennes est éprouvant et générateur d’inquiétudes diverses : « Tiens, ça ne rentre pas aujourd’hui ! Je n’arriverai jamais au 4 ! », « J’ai mal, j’ai l’impression que chaque jour, c’est plus étroit », « Je perds en profondeur, jamais je ne pourrais satisfaire mon compagnon ! »
2.8.3 La distance énorme qui nous sépare des nôtres devient rapidement difficile à gérer. Il suffit qu’un coup de téléphone tarde à venir, qu’une ligne soit dérangée (même Internet a été coupé quelques heures ces derniers jours !) pour que nous nous fassions un sang d’encre, que nous nous montions des scénarios catastrophe…
Inquiétude, tristesse, petite déprime sont donc chez nous assez fréquentes…

Trois conseils pratiques :
2.8.4 Commencer une cure de magnésium bien avant de partir pour la
Thaïlande et la continuer là-bas tout le temps du séjour.
2.8.5 Veiller à ne pas rester seule. Nous sommes de plus en plus de francophones à venir se faire opérer ici. Demander donc de l’aide auprès de l’une d’elles ou/et appeler l’équipe soignante.
2.8.6 S’acheter dès l’arrivée à Bangkok une « international calling card » qui, pour 500 baths (11 euros), permet de téléphoner dans le monde entier depuis sa chambre pendant une heure et demie.

Une recommandation : Repos, repos et encore repos. Mais bien qu’avisée de multiples fois, et ce, même avant votre hospitalisation, vous n’en comprendrez réellement l’utilité que lorsque, comme la très grande majorité d’entre nous, vous aurez eu l’envie de faire quelques promenades en dehors de l’enceinte dorée de l’hôtel… Ah emplettes au « Seacon Square » ou au « Week-end Market », que nous faites-vous pas faire ?
Si vous désirez venir en Thaïlande dans l’espoir de cumuler chirurgie et tourisme, faites en sorte de visiter et de faire vos achats la première semaine et de consacrer les trois semaines suivantes à votre convalescence car après l’intervention de réassignation de sexe, c’est vraiment s’exposer à toute une série de désagréments facilement évitables comme les suivantes :

2.11 Une poussée fébrile semblable à celle observée au cours d’une grippe

Cette éventualité survient souvent dans les heures qui suivent une reprise des activités trop rapide : fièvre pouvant dépasser 39°C, céphalées, courbatures…
Outre le paracétamol (attention à ne pas prendre d’aspirine !), il est possible et vivement recommandé de se faire envelopper le corps et le front de serviettes trempées dans l’eau du lavabo. L’amélioration est rapide et invite à plus de sagesse.


2.12 Une inflammation des lèvres avec production de douleurs locales

Se promener faire des courses ou pour visiter, même lentement, même en observant des pauses, provoque un frottement des lèvres. D’où un œdème de celles-ci souvent accompagné de douleurs, soit en fond continu, soit sous forme de salves de décharges électriques, soit les deux !... Avec, de surcroît, les séances de dilatation rendues douloureuses avec difficulté pour atteindre la profondeur maximale habituelle et, par voie de conséquence, génération d’angoisses…


3. Les questions que nous nous posons le plus fréquemment

3.1 « Aurai-je assez de profondeur vaginale pour mon compagnon ? »

Car nous pensons, si nous sommes hétérosexuelles, que de la réponse à cette question, dépend la pérennité de la relation à notre compagnon.
Débat sans fin sur la longueur du sexe mâle… Il serait d’environ 17 cm chez l’Européen, un peu moins, chez l’Asiatique, un peu plus chez l’Africain.
Là, plus que toute étude, les témoignages de personnes opérées sont précieux. Qu’ils soient les plus nombreux, ils seront les bienvenus.


3.2 « Arriverai-je à me dilater suffisamment pour que mon compagnon puisse me pénétrer ? »

Cette question connaît même une variante : « La taille 4 est-elle suffisante ? »
Nous ne pouvons aujourd’hui que faire les mêmes remarques qu’au pa-
ragraphe précédent.


Ces deux questions sont susceptibles de créer de l’inquiétude voire une véritable angoisse, ce qui gêne la détente nécessaire pour que les séances de dilatation se passent bien, ce qui à son tour, alimente les peurs générées par les questions. Donc, un véritable cercle vicieux qui peut ralentir le programme prévu.
Une des meilleures façons de dépasser cette difficulté est de penser à l’être aimé et à lui envoyer beaucoup d’amour. L’imaginaire érotique prend alors souvent la commande du mental et favorise la relaxation nécessaire.
Si vous êtes sceptique, essayez au moins et faites-moi part de votre expérience !


4. Ce qui change en nous malgré nous : Les petits miracles

Le rêve d’hier est notre réalité d’aujourd’hui. Cependant, une partie de nous en doute : « Est-ce que je ne rêve pas ? Suis-je réellement opérée ? »
Il nous faut un temps pour intégrer cette nouvelle réalité car, trop souvent au cours de nos années de souffrance, combien de matins sinistres, ne nous sommes-nous pas réveillées de ce toujours même rêve, ô combien délicieux dans l’instant, d’avoir été transformée au cours de la nuit, ô combien horrible dans les secondes suivantes quand, d’un revers de main, nous constations qu’il n’en était rien !

4.1 Le sentiment de plénitude et de sécurité intérieure

Le regard dans le miroir, se voir toute nue, la silhouette approchant de plus en plus de notre idéal. Le sexe à est l’image de notre image intérieure de nous-même, les formes attendues sont là.
Enfin, nous portons sur nous-même un regard aimant, plein de tendresse.
La survie est devenue la Vie.


4.2 Le lâcher prise

Nous pouvons vivre complètement notre féminité, car nous savons maintenant au fond de nous-même, que nous avons fait tout ce qui était de notre responsabilité pour être aussi femme que possible.
Nous n’avons plus à craindre le regard de l’autre, nous pouvons pleinement nous exprimer.
Nous pénétrons un espace d’une telle liberté intérieure que bien des femmes elles-mêmes nous envient de vivre pleinement notre vie, nos envies, nos désirs, voire nos folies.


4.3 La disparition de nombreuses peurs

Aujourd’hui, nous avons été opérées, et de la façon la plus satisfaisante qui soit aujourd’hui. C’est le terme d’un parcours de sauts d’obstacles innombrables et éprouvants, étalés sur plusieurs années.

Pour atteindre ce but, combien de nos peurs avons-nous dû dépasser ? Combien de risques avons-nous dû prendre ? Combien de fois avons-nous dû franchir les limites de la légalité parce qu’il n’était pas possible de faire autrement sinon nous aurions cédé au chant trompeur du suicide ?…

Au cours de ces années terribles, nous avons progressivement appris à discerner nos véritables amis (et les thérapeutes qui nous ont accompagnées pendant ces années difficiles en sont assurément) de nos faux amis (notamment nombre de médecins qui s’affichent experts alors qu’aucune qualification de ce type n’existe encore au monde !).
Nous avons appris à prendre le risque d’exprimer haut et clair notre identité différente de la dualité ordinaire, nous avons appris à satisfaire nos besoins légitimes.

Aujourd’hui, nous sommes le plus souvent regroupées au sein d’associations efficaces et représentatives.
Nous avons appris à nous faire confiance…


4.4 L’énergie pour de nombreux projets

Outre « l’envie de rattraper le temps perdu », nous nous découvrons souvent d’autres sujets d’intérêts. Du fait de la confiance et de la capacité de discernement que nous avons acquises, nous ne nous sentons plus aussi limitées, nous sommes pour la plupart, plus vivantes que notre entourage car libérées de nombreux freins (croyances familiales, sociales, religieuses, toutes partisanes).
Et nous sommes particulièrement reconnues pour notre créativité, et même recherchées pour cela.

Après un long silence

Posté le 12.02.2007 par naimananda





Les douleurs sont allées crescendo au point qu’un jour, j’ai pris 6 comprimés de Tramadol dans la journée et ai provoqué la fermeture du sphincter qui commande la vessie : Avoir envie d’uriner et ne pas pouvoir satisfaire ce besoin est un véritable supplice…
J’obtins dès le lendemain d’autres médicaments, aux effets secondaires moins inva-lidants.
Cependant, malgré différentes combinaisons (augmentation de tel médicament, prise jumelée de celui-ci avec cet autre…), les douleurs n’ont pas cédé d’intensité.
Très rapidement, je me suis sentie vidée de mon énergie vitale, car plus le temps passait, moins j’avais de période de répit.

C’est dans ces conditions-là que j’ai effectué le trajet de retour en avion. Heureuse-ment, le certificat que le médecin m’avait délivré en thaï m’a permis d’obtenir un meil-leur confort, deux places au lieu d’une, ainsi pouvais-je me coucher sur le côté ou allonger mes jambes plus facilement.

Depuis, la situation s’améliore lentement, les matinées sont confortables, mais midi arrivé, les douleurs réapparaissent lentement et augmentent jusque dans la soirée. Je me couche donc tôt !

Les douleurs, le décalage horaire (six heures), le passage de la chaleur tropicale à notre froid hivernal, beaucoup d’épreuves en un minimum de temps.
Je pense que dans quelques jours, j’irai mieux et pourrai reprendre peu à peu mes diverses activités.



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