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Nom du blog :
naimananda
Description du blog :
Le parcours de Naïma, et plus particulièrement à partir de la CRS en Thaïlande le 15 janvier 2007
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
20.12.2006
Dernière mise à jour :
21.06.2007
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Pire que le supplice de la pendule ensorcelée…

Posté le 23.01.2007 par naimananda


Image de la ville depuis la chambre 808 de l’hôtel



Contenue entre les ridelles du lit, retenue d’une part par les drains qui s’échappent pour les uns des aisselles, pour les autres des aines et du néo-périnée et d’autre part par la sonde urinaire, ma liberté de mouvement fut pendant les quatre jours suivants très réduite.
Malgré tout, la position n’était pas réellement inconfortable, la rachianesthésie qui continuait d’agir depuis la pompe posée sur l’épaule droite m’assurait l’absence de toute douleur dans la zone opérée entre jambes. Restaient à gérer les douleurs générées par la mammoplastie et surtout celles induites par la nécessité de reposer sans cesse sur les fesses.
Je suivais le conseil de Dannie, j’appelais quand je me sentais plus capable de supporter plus longtemps, deux comprimés me permettaient alors de m’installer pendant quelques heures dans une tranquillité relative.
Je somnolais alors ou lisais un livre que j’avais pris suffisamment gros (600 pages) afin de ne pas céder au maléfice de la pendule accrochée au mur face à moi…Comme il était étrange chaque fois de constater que l’estimation que je faisais du temps qui passait me paraissait ô combien plus longue que ce qu’affirmait le cadran de cette satanée horloge.

Je passais une première journée relativement confortable, ne me ressentant en aucune façon de l’anesthésie de la veille.
Mais dès le lendemain, je connaissais un tout autre état, qui bien que j’en connaisse l’existence, je ne m’attendais pas à vivre. Mon ventre se mit en enfler, lentement mais de plus ostensiblement, de plus en plus douloureusement au point que je craignais un moment de déclarer un tableau d’occlusion intestinale aiguë… Heureusement, dans le même temps, j’avais observé que chaque fois que je buvais un verre d’eau, les intestins retrouvaient leur activité quelques minutes, ainsi après quelques instants de panique, avais-je pu écarter la pire des éventualités.
Il m’aurait alors fallu pouvoir me lever et marcher quelques centaines de mètres dans le service pour que tout se remette en ordre, mais là où j’en étais dans le processus post-opératoire, je ne pouvais que « prendre mon mal en patience », à savoir tenter de me démettre au mieux et demander des comprimés supplémentaires contre la douleur.

Enfin arriva vendredi 19 janvier, avec la certitude d’être transférée dans la soirée de l’hôpital à l’hôtel où je retrouverai mon amie libérée deux jours plus tôt. Quand un peu après 16 heures, l’arrivée du chirurgien me fut annoncée, j’accueillais avec plaisir le rituel du débranchement de tous les tuyaux par lesquels j’étais retenue… Puis vint le temps tant attendu, le film transparent recouvrant le nouveau sexe retiré, l’appréciation de la profondeur du néo-vagin…
« 15 centimètres, 15 centimètres et demi… Avec les exercices de dilatation, vous pourrez trouver une profondeur tout à fait normale et vous sentir pleinement femme… »
Je n’avais pas la force de me soulever pour embrasser le chirurgien, mais je crois que jamais je n’oublierai son sourire plein de bienveillance ainsi que celui de Nut, une de ses infirmières. Je pleurais de joie…


Après un dîner frugal - j’avais été incapable de faire honneur au repas subitement abondant qui m’était offert après ces quelques jours de diète hydrique - je quittais l’hôpital épuisée physiquement et nerveusement mais heureuse d’avoir passé l’épreuve. Conduite en chaise roulante jusqu’à la sortie de l’hôpital, je me glissais avec délices dans la voiture prêtée par le chirurgien. A ces premières heures de la nuit, la circulation était dense, j’en profitais de me remplir d’images de Bangkok, inconnue pour moi sous cet angle…





--

Nuit N (du 15 au 16 janvier)

Posté le 23.01.2007 par naimananda



Bangkok, un chantier immense, lieu de toutes les pollutions




Il n’est pas possible de me brancher sur Internet depuis ma chambre d’hôtel que je suis de retrouver vendredi soir après l’examen post-chirurgical : Je ne dispose pas d’un mot de passe nécessaire. Ces lignes que vous lisez actuellement, il y a donc déjà quelques jours que je les ai tracées sur l’écran de mon ordinateur.

Le jour de l’opération a vraiment été un jour très spécial.

Prête bien avant 08H30, heure du rendez-vous en bas de l’hôtel avec le chauffeur du chirurgien, je laissais mes valises dans le halle et allais m’asseoir sur un des bancs à l’extérieur. Un vieux Thaï, assis sur le banc voisin, reniflant en moi une « trans » - pas difficile, les deux derniers étages leur sont réservés - s’est levé manifestant un air désapprobateur et partit s’asseoir deux bancs plus loin et de là, ne cessa de me surveiller du coin de l’œil jusqu’à ce que la voiture attendue arrive.

L’arrivée à l’hôpital PIYAVATE est déroutante tant par l’environnement que par la conception même de l’édifice. Planté au milieu de terrains vagues où poussent des arbres fruitiers à l’état sauvage, à moins de 100 mètres d’une autoroute intra-urbaine, il dresse fièrement ses 24 niveaux comme une fusée sur le pas de tir, peu avant son décollage. Seuls son chapiteau vert et une croix de même couleur sur chacune de ses faces rappellent qu’il s’agit d’un endroit d’investigations et de soins et non d’un endroit futuriste.
Accompagnée par un nombre de petits personnels jusqu’au bureau d’enregistrement, j’ai eu le temps d’admirer le hall tellement immense en étendue qu’en hauteur que je doutais un instant d’être arrivée à bonne destination : Etait-ce vraiment un hôpital (et c’était alors le plus confortable que j’ai jamais vu de ma vie !) ? Ou un palace 7 étoiles ou l’entrée d’un muséum prestigieux ?
La secrétaire me ramena rapidement à la réalité.
« Votre passeport, s’il vous plaît ! »
« Hm, je l’ai laissé dans mes valises et je ne sais pas où elles sont passées. Quelqu’un les a déjà emportées… »
Silence gêné de part et d’autre jusqu’à ce que je me rappelle que j’avais sur moi une photocopie couleur du précieux document… Tout s’arrangeait.
Après un sourire à la webcam, je vis mon visage apparaître sur l’écran d’ordinateur où s’étalaient toutes mes coordonnées administratives. La première étape était finie. Je m’installais confortablement dans un des très nombreux fauteuils dans l’attente qu’une - aide-soignante ? - vienne me chercher et m’emmener deux niveaux plus haut dans le service de chirurgie plastique. Rassemblement des documents administratifs et médicaux puis pesée et mensuration
« Ah, j’ai au moins perdu 2 kilos depuis que je suis arrivée ici, c’est bon signe ! »
« 1,72 mètre ! »
« Oh là, comment s’y est-elle pris, je n’ai pas perdu 4 centimètres en quelques mois ! »
Puis nouvelle attente dans un des nombreux fauteuils avant qu’une nouvelle - aide-soignante ? - vienne me chercher et m’emmener huit niveaux plus haut dans le service de chirurgie à proprement parler.
« Voilà votre chambre. Je viendrai à 11 heures, vous prendrez une douche et je vous raserai… A tout à l’heure. »
Je m’empressai de quitter la pièce et allais rejoindre, quelques mètres plus loin, Stéphanie, opérée deux jours plus tôt. Elle avait presque passé le jour précédent à vomir, je la trouvais reposée et bien plus féminine qu’avant même l’intervention. Je lui en fis part sans pourtant pouvoir justifier mon jugement d’aucune façon. Peut-être le fait qu’elle se sache désormais aussi complète qu’elle pouvait l’être s’intégrait-il en elle et la transformait-il aussi radicalement. Elle rayonnait d’une beauté intérieure que je ne lui connaissais pas auparavant.
Un peu plus tard, elle me un cadeau inattendu, elle me montra son entrejambe. Bien qu’étroitement serré dans un film transparent, je pouvais observer le résultat concluant de l’intervention, au-delà même de ce que je savais à partir des documents photographiques circulants sur Internet.

Onze heures. Je regagnais ma chambre et cédais au protocole… Quelques minutes plus tard, je me retrouvais vêtue d’une élégante chemise d’un bleu pervenche, une perfusion branchée sur le dos de ma main gauche, allongée entre les barrières du lit, où dès le lendemain, j’allais être soumise, comme toutes celles qui m’ont ici précédée, au supplice de la pendule ensorcelée.
Mais, je ne pensais pas au lendemain, j’étais heureuse d’être là, d’en être là, au seuil de cette nouvelle vie à laquelle depuis si longtemps j’aspirais et rien, j’en étais maintenant absolument sûre, ne pouvait s’y opposer.
Curieusement aux jours derniers, depuis le réveil, j’étais habitée par un sentiment étrange de tranquillité intérieure, je me sentais à ma place, au bon endroit, au bon moment. Envolées les craintes en tout genre des derniers jours.

Comme dans chaque chambre de ce service, une pendule murale fait face au lit. Le temps s’y égrène curieusement d’une façon étrangement lente : Le temps est suspendu, chaque seconde prend un air d’éternité. Prévenue du phénomène, je m’efforçais de garder les yeux fermés et de faire le vide dans ma tête afin d’y accueillir, si j’atteignais le niveau nécessaire, un état intérieur hors du commun. Malgré tous mes efforts pendant près de deux heures, des scénarios issus de je ne sais quelles parties de mon inconscient se succédèrent, ne laissant que l’espace de quelques secondes de silence entre eux. Epuisée, je sombrais dans le sommeil.

« Naïma, réveillez-vous, c’est le temps d’y aller ! »
J’ouvrais péniblement les yeux, la chambre était remplie de personnels soignants. Changement de lit, transport à travers un dédale de couloir, puis descente au bloc opératoire situé au deuxième niveau. Une fourmilière tant de personnes se croisaient, chacune occupée à une tâche précise.
« Bonjour, je m’appelle … (un nom impossible à retenir), je suis votre anesthésiste. Comment allez-vous ? »
« En paix. »
« Super ! Nous allons attendre que le Dr Chettawut arrive et je viendrai vous faire la piqûre puis vous ne sentirez plus rien. Reposez-vous en attendant. »
Je refermais les yeux.


Quand je les rouvrais, c’était gentiment secouée :
« Hello, Naïma, c’est fini ! »
Trois soignants m’offraient leur plus large sourire. J’avais regagné ma chambre !
« Quelle heure est-il ? »
« Deux heures et demi ! Rendormez-vous, tout s’est bien passé, nous reviendrons demain vous voir… »
Je ne tardais pas à sombrer à nouveau dans l’inconscience, quelque peu frustrée de ne pas avoir été présente au moment de la mise sous anesthésie générale.



A 24 heures d'une seconde naissance

Posté le 14.01.2007 par naimananda
Depuis hier soir, je suis entrée vraiment dans le processus opératoire…

Après deux jours d’un régime sans résidu, je suis passée depuis ce matin au régime totalement liquide, juste pour équilibrer les pertes que les deux comprimés de laxatif hier soir, le mini-lavement ce matin et la « boisson » évacuatrice de cet après-midi ont générées et vont continuer de générer tout au long de cette journée.

Jambes de coton, il n’est plus question pour moi de faire la fière, de m’écarter de trop de la chambre ou d’un endroit muni de toilettes. Mais je reste toujours aussi impatiente de prendre mon tour dans la salle d’opération de Chet…

Demain départ pour l’hôpital vers 08H30, un chauffeur viendra me chercher et m’emmener à l’hôpital Pivayate (hôpital privé, considéré comme un des meilleurs au monde). Après une dernière prise de sang, il me faudra attendre - sans boire ! - jusqu’à 15 voire 17 heures. J’ai décidé de m’emporter un livre assez épais et intéressant afin de ne pas regarder ma montre toutes les cinq minutes…

Après… Après ?

Là, il me faudra attendre quelques jours pour reprendre le clavier et continuer ce récit. Je souhaite que tout se passe pour moi aussi bien que cela s’est passé pour toutes celles qui m’ont précédée ici…
Le malheur d’être médecin, c’est bien d’en avoir vu, trop vu, ce qui m’a conduit à conclure que l’imprévu existera toujours - et quel que soit le nom que je lui donne, fatalité, destin - qu’il peut être à l’origine d’un changement de vie, chargé de nouvelles et lourdes épreuves.
Je ne parviens pas à me délivrer totalement de ce train de pensées : Je trouverais ça trop injuste si un accident m’arrivait...

Bien arrivée

Posté le 13.01.2007 par naimananda
Bien arrivée hier matin à l'Hötel où le Dr Chettawut a obtenu pour ses clientes d'importantes réductions (la chambre à 20 $ par jour au lieu de 35...)

Mais avant de prendre une douche régénérante et de me rendre au cabinet du médecin (dans une de ses voitures particulières, conduite par un chauffeur, comme une princesse), j'ai connu quelques émotions...

Habitant pour un temps encore Annecy, je suis partie de Genève où Eva(Evanescente) m'a très gentiment m'accompagnée. A l'enregistrement des bagages, le préposé (un homme jeune) m'interpelle :
"Mais ce ne sont pas vos papiers !"
Préparée à ce genre de situations, je lui répondis très calmement:
"Je suis transsexuelle, je vais me faire opérer en Thaïlande, j'ai joint à mon passeport deux certificats que vous pouvez lire, vous verrez que je vous dis vrai."
Dans le même temps, le visage de mon interlocuteur était devenu cramoisi.

Une heure plus tard, quand je présentais mon passeport au garde frontière suisse, même réticence, même réponse. Le visage de cet homme exprima une totale incompréhension. Après un long silence, il me demanda:
"Là bas, tout est en ordre?"
"Bien sûr"
Répondis-je avec cran...

Aérport de Rome. Je ne parle pas italien, et l'anglais guère mieux.Je tente ma chance en français. EN VAIN... Après bien des errements, j'ai compris qu'il me fallait prendre une navette pour trouver mon bon terminal.
Les complications n'étaient pas fini pour autant. Les billets étant établis au nom d'Al Italia, je m'adressais donc à leur comptoir, on trouva bien mon nom mais pas moyen d'établir pour billet pour embarquer... Le temps passait quand une des femmes eu la bonne idée de téléphoner à un des responsables...
La seconde partie du voyage se faisant sur un avion de China Airlines, il me falalit m'adresser à leur guichet. Nouvelle quête, le burreau n'était pas encore ouvert, mais enfin je savais à qui m'adresser...

Les quelques 10 heures d'avion et les quelques 9.200 kilomètres à survoles (avec deux vrais repas comme avant sur les réseaux européens...) me parurent moins longs que l'attente précédente...

Aéroport de Bangkok. Immense. Vous avez dit immense. Vous êtes encore en-dessous de la réalité... Des couloirs d'une longueur jamais vue, une bonne façon de se dérouiller les jambes. Une modernité harmonieuse.
Nouveau contrôle d'identité. Là, j'ai criant le pire... Incroyable, je me suis trouvée en face d'un préposé qui ne connaissait rien du tourisme médical nous concernant. J'ai puisé en moi mes dernières ressources d'anglais afin de lui montrer l'adresse en tête du certificat que m'avait fait le Dr Chettawut. Ouf, ça marchait. Deux tampons sur le passeport et le droit de séjourner en Thaïlande jusqu'au 10 février. J'en repars le 8, tout va bien.

Il me fallait retrouver Tair au milieu d'une foule se bousculant, de taxis qui ne cessaient de me proposer leurs services... Mais pas de Tair (l'infirmière cheffe du Dr Chettawut) dont j'ai pris une photocopie d'une de ses photos trouvées sur le site du chirurgine.
De son côté, je me doute qu'elle ne doit pas me trouver elle non plus car deux jours avant de partir, j'ai complètement changé de look troquant ma perruque chatain pour une prothèse fixée par une résine, de couleurs mélangées, gris argent, poivre et sel.
M'enhardissant, je demandais à une jeune femem près de moi de composer le n0 de téléphone de Tair que j'avais aussi sur moi. Un bon truc dans cette foule... Au bout de plus de dix minutes et de trois appels, nous finissions pas nous congratuler.

Traversée de Bangkok, de son incroyable mariage de réseaux rapides, de constructions modernes cotoyant bien d'autres misérables, le tout dans une pollution et un bruit difficiles à chffrer et à accepter...
Douche rapide mais régénérante, enfiler des vêtements propres, me sentir bien... Le voyage initiatique commençait vraiment...

A peine 10h30, le chauffeur promis est là. Un long détour pour atteindre près d'un quart d'heure plus tard el cabinet du célèbre médecin, coincé entre deux magasins si peu reluisants que je me suis posée la question:
"Mais où m'a-ton amenée?"
Très courte incartitude en fait. Dès que je suis entrée dans le cabinte, tout a repris un air rassurant. Le chirurgien était là, etouré de toute son équipe.
Après les formalités d'enregistrement (dont la vérification de tous les examens médicaux), je passais dans la salle d'examen. Mesure debout de la verge, estimation du tissu scrotal. Le tout avec beaucoupe de respect.
Puis examen de la poitrine. Là, cela semble plus complexe, mon sein droit est inséré plus bas que le gauche et est beaucoup plus volumineux. Comme je désire une poitrine de taille C (je remplis assez bien un bonnet B), le chrurgien me propose 400 ml à gauche, 375 à droite.

Puis vient le rituel de la remise des dilatateurs (quatre au total pour 100 $...) dans un magnifique petit étui et des formulaires (en anglais) expliquant toutes les précautions que nous avons à prendre de nous-mêmes. Il était temps que cela m'arrive, après ce dernier mois de travail à un rythme fou...

Retour à l'hôtel où je retrouve Stéphanie (connue sur Internet) et son ami. Nous avions convenu, il ya plus de trois mois déjà, de partager la même chambre après nos interventions. Repas de midi à la diète (sans résidu, cela ne laisse pas beacoup de choix, mais là, je suis sûre que je vais perdre une partie des 7 kilos que j'ai pris depuis que je suis sous hormones...)

L'après-midi essentiellement à dormir, tant je sens toute la fatigue accumulée au cours des dernières semaines et enfin autorisée à se manifester.

Le soir, quand nous échangeons avec d'autres clientes de Chet, anglaises, new-yorkaise, néo-zélandaise et même une parisienne de Bretagne parlant parfaitement l'anglais, je suis prise soudaint d'un profond doute avec lequel je passe la nuit: Toutes les autres ont subi des temps opératoires supérieurs à celui que Chet m'a dit estimer pour moi. Pourquoi ? La seule réponse que me vint fut qu'il ne pourrait pas faire aussi bien sur moi que chez les autres, mais pourquoi ? Et pourquoi ne m'avait-il rien dit ?

Quand je vis arriver Tair ce matin à l'hôtel, je m'empressais de lui poser la question. Elle me rassura en me disant que les temps opératoires variaient efectivement d'une personne à l'autre suivant les difficultés rencontrées. Et que si, pour moi, Chet m'avait assuré d'un temps voisin de 6 heures au total, c'est que mes tissus s'y prétaient bien... C'est vrai que je suis particulièrement souple au niveau du bassin.
Ouf.

Bises.

A bientôt











Le rêve devient réalité... ENFIN !

Posté le 06.01.2007 par naimananda
Curieuse sensation que de lire ce matin les quelques lignes qui constituent le certificat du médecin thaïlandais qui va me permettre de passer les frontières sans trop de difficulté...

"Je soussigné, Dr ..., certifie connaître Mme Naïma ... pour être une transsexuelle homme/femme.

Mme Naïma ... fait partie de mes patientes et a été évaluée en tant que telle par le Dr ... ..., médecin psychiatre.
Nous avons jugé qu'elle était éligible pour que j'effectue une vaginoplastie par inversion pénienne et greffe de peau du scrotum, une clitoroplastie, une labiaplastie.

Cette intervention est prévue en janvier à l'höpilal ... de Bangkok.

Fait pour valoir ce que de droit.

Dr ...
(Docteur en médecine, certifié en chirurgie plastique et reconstructrice)"

Combien de fois l'ai-je lu et relu ? Je n'arrivais pas à croire ce qui était écrit... Le rêve devenait réalité...

Oui, dans 9 jours, je serais opérée. Dans 9 jours, si tout se passe bien, je naîtrai enfin... ENFIN...

Une vision enflammée de la femme

Posté le 25.12.2006 par naimananda
Un soir que je regardais le feu dans l'insert de notre cheminée, je fus séduite par les formes fugaces des flammes et décidais de prendre des photos en rafale.

Quand un peu plus tard, je les visionnais sur l'ordinateur, je fus surprise par l'effet produit. Un cliché retint particulièrement mon attention tant j'y découvrais parfaitement exprimée ma vision de la féminité.

La voici donc...



Un drôle de prénom...

Posté le 25.12.2006 par naimananda



Bonjour à toutes et à tous....


Drôle de nom que celui que j'ai choisi. Un nom composé d'une première partie issue de l'arabe, et d'une seconde issue de l'hindi...

La raison de ce choix, c'est qu'en fait, c'est le prénom qui m'a choisie...

Depuis, des mois, je cherchais un prénom avec lequel je me sente bien. Aucun ne venait. Aussi, un soir, j'ai pris un calendrier et fait défiler les saints et saintes. En vain...
J’ai fait alors appel à mon intuition. J'ai pris la position méditative et demandé à ma sagesse intérieure (un processus que j'avais appris quelques années plus tôt pour trouver des réponses adaptées à une situation quand la recherche ordinaire a échoué):
"Quel prénom me correspond ? Celui avec lequel mon corps vibre..."
La réponse ne se fit pas très attendre, peut-être une dizaine de minutes: "Naïma"
Effectivement, je me suis sentie immédiatement bien avec lui, comme si j'étais rentrée à la maison. Enfin !
Mais était-ce vraiment un prénom ? Je ne connaissais personne qui se nommait ainsi.
Internet. Deux, trois clics sur un site spécialisé pour découvrir qu'environ six cents personnes portaient ce prénom en France et qu'on leur reconnaissait les qualités suivantes: douceur, caractère délicieux dans les contacts, et surtout détermination.
Douceur, j'avais encore des progrès à faire. Cela s'est vite amélioré dès que j'ai été sous hormones. Merci les oestrogènes et l'androcur.
Caractère délicieux, cela m'était beaucoup plus difficile à admettre... Moi qui avais un regard très sévère sur moi. Merci à toutes celles et à tous ceux qui m'ont aidée depuis et m'aident encore à redresser l'image que j'avais de moi.
Déterminée, cela je voulais bien l'admettre. Surtout depuis que je m'étais engagée dans ma seconde tentative de chirurgie de réassignation sexuelle.

« Ananda » (de l’hindi) ou « sérénité », je l’ai ajouté quasiment tout de suite, me référant à la manière dont sont construits les noms de disciples en Inde. Ainsi, en passant au-dessus de la barrière des langues, Naïma Ananda devenait Naïmananda, ce qui signifie « partir à la recherche de la sérénité intérieure par la douceur, la détermination et le caractère délicieux dans le contact. »
Tout un programme. Un programme avec lequel je me sens bien…


Je suis aujourd’hui femme médecin, généraliste, homéopathe, phytothérapeute, nutrithérapeute, formée au soutien psychologique des patients atteints de maladies chroniques ou/et sévères. Un pedigree qui ne m'a pas particulièrement servi pendant le processus de transformation.
Mon parcours professionnel m'avait déjà marginalisée. Mais en plus de ça, déclarer ma transsexualité à la face de mes confrères, tout spécialistes auto déclarés qu'ils soient, cela… c'était trop.

Pourtant, je ne suis pas la première femme médecin transsexuelle en France.

Mais, que « cela » existe chez les médecins, « cela » confrontait chacun de mes confrères avec la complexité de l'être humain, leur propre complexité. Et j'ai eu vraiment le sentiment que « cela » était au-dessus de leur capacité de remise en cause, du moins pour un certain nombre d'entre eux.
Je veux remercier au passage mon psychiatre de proximité qui m'a accueillie dès le premier contact telle que j'étais (je n'avais pas encore fait mon "coming out") et m'a soutenue tout au long de ces mois terribles et m'a beaucoup apporté tant par sa gentillesse et son humour rafraîchissant.

Le soutien, je l'ai également trouvé grâce à Internet (à certains forums installés dans le respect de chacune, chacun…) puis chez des amis au fur et à mesure que je leur ai révélé ma véritable nature.

Aujourd'hui, jour de Noël, je suis à jour J-21 de l'opération à Bangkok par le Dr Chettawut. Au seuil d'une nouvelle vie dont j’espère beaucoup...

A bientôt.
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Le suiv du traitement hormonal

Posté le 24.12.2006 par naimananda
Le suivi du traitement hormonal

Décider de subir une chirurgie de réassignation sexuelle, c’est s’engager à prendre un traitement hormonal substitutif le reste de sa vie durant.
Des oestrogènes pour les Mtf, de la testostérone pour les FtM.

A ce propos, connaissez-vous l’étymologie du mot « ostrogène » ? Il vient de la juxtaposition de deux mots grecs : « oïstros » fureur et « génnan » engendrer. Beau sujet de méditation !


Le(s) bilan(s) biologique(s)

Que l’on soit MtF ou FtM, ce bilan est quasiment le même.Il est établi ici pour les MtF… Galanterie oblige !


Un premier bilan nous est demandé bien avant même que nous soit accordé de passer au traitement freinateur. Souvent, il est nécessaire de se rendre dans un centre hospitalier universitaire pour le réaliser.
Il comprend au minimum :

o Examens d’hémostase
TCA
Héparinémie standard (activité anti-Xa)
Taux de prothrombine (TP)
INR
Facteur V
Facteur II
Fibrinogène
Recherche d’une résistance à la protéine C activée
Protéine C par mesure coagulométrique
Protéine S par mesure coagulométrique
PAI-1 antigène
o Bilan hormonal
Testostérone plasmatique
FSH plasmatique
LH plasmatique
Oestradiol plasmatique
• Bilan hépatique
Transaminases : SGOT, SGPT
Gamma GT
Phosphatases alcalines
• Dépistages sérologiques
Recherche d’anticorps anti HIV1/HIV2 par deux techniques différentes
Sérologie de la syphilis par deux techniques différentes
• Caryotype

Certains endocrinologues, considérant probablement très longue la durée prévisible du traitement hormonal substitutif, cherchent dès cet instant à établir les risques de celui-ci à moyen et long terme. Aussi, peuvent être rajoutés les examens suivants :
o Bilan métabolique
Glycémie à jeun
Eventuellement une hyperglycémie provoquée per os
Cholestérol total
HDL cholestérol
LDL cholestérol
Rapport cholestérol total / HDL cholestérol
Triglycérides
Créatinine sanguine

Selon les endocrinologues, la prescription de bêta oestradiol est soit immédiatement associée à celle de l’acétate de cyprotérone, soit prescrite au bout de plusieurs mois de freination de la sécrétion de testostérone, en moyenne 6 mois.

La première surveillance du traitement par l’acétate de cyprotérone se fait en moyenne au terme de 3 mois. Elle comprend en l’absence d’anomalie au premier bilan :
o Bilan hormonal
Testostérone plasmatique qui doit s’effondrer.
o Bilan hépatique
Transaminases : SGOT, SGPT
Gamma GT
Phosphatases alcalines
Et chez le sujet diabétique ou présentant un risque de diabète
o Glycémie

La première surveillance du traitement par le 17 bêta oestradiol se fait au terme de 3 mois et comprend :
o Bilan métabolique
Glycémie à jeun
Cholestérol total
HDL cholestérol
LDL cholestérol
Rapport cholestérol total / HDL cholestérol
Triglycérides
• Bilan hépatique
Transaminases : SGOT, SGPT
Gamma GT
Phosphatases alcalines

La poursuite de la surveillance dépend évidemment de la qualité des résultats précédents. Le plus souvent, elle est bisannuelle, parfois annuelle, et dans le cas de pathologie associée, beaucoup plus rapprochée.
Chez les MtF, une attention particulière doit être portée sur la numération formule sanguine (NFS) afin de détecter la survenue éventuelle d’une anémie : En effet, l’érythropoïèse (ou renouvellement normal des globules rouges) est normalement stimulée par une substance secrétée au niveau rénal, l’érythropoïétine, dont le taux dépend de celui-ci de la testostérone libre, réduit après la chirurgie de réassignation, à la sécrétion au niveau corticosurrénal. Chez les MtF, opérées notamment depuis plusieurs années, il peut se constituer un tableau d’anémie sans carence en fer, sans carence en vitamines B9 ou B12, mais caractérisé par un taux d’hémoglobine au-dessous de la limite inférieure de la fourchette. Cliniquement, il s’installe une fatigue progressivement croissante, apparaissant - à la longue - au moindre effort et obligeant à restreindre les activités physiques et sportives. Psychologiquement, le risque est qu’apparaisse un syndrome dépressif.
Mais le plus grave est l’impossibilité actuelle d’accéder au seul traitement possible. L’érythropoïétine est aujourd’hui réservée aux seules personnes qui présentent une insuffisance rénale avancée. Elle est donc interdite aux transsexuelles porteuses d’une « simple anémie ». C’est donc un véritable drame pour celles qui en sont victimes, de se retrouver avec une baisse considérable de leurs fonctions vitales et par voie de conséquence, dans l’impossibilité de vivre légitimement le rêve pour lequel elles ont tout et tant sacrifié.
Il y a là sujet de mobilisation afin que ce type de traitement soit reconnu un jour prochain et pris en charge au titre de l’ALD (affection de longue durée) au même rang que la chirurgie de réassignation et le suivi endocrinologique, gynécologique et psychologique.

En dehors des bilans biologiques…

Pour les MtF, il est également nécessaire d’avoir un suivi gynécologique… car, comme femmes biologiques, elles sont exposées au cancer du sein et aux petits ennuis de la sphère vaginale : mycoses, sécheresse vaginale (notamment par manque de flore de Döderlein, la flore normale).
Il faut également, notamment à partir de 50 ans, parfois plutôt si existent des signes d’appel, surveiller la densité osseuse afin de traiter au plus vite une éventuelle ostéoporose. Une chance, depuis le 1er juillet 2006, l’ostéodensitométrie est remboursée…

Pour les FtM, l’ostéodensitométrie peut être également discutée en accord avec l’endocrinologue si, pendant l’enfance et l’adolescence, l’alimentation a été carencée en calcium, si la FtM est de race blanche et de morphologie svelte ou maigre, si elle était adepte des régimes, si…


Pourquoi ces bilans réguliers ?

Prendre des traitements hormonaux, et parfois dès la vingtaine d’années, expose à un certain nombre de complications aujourd’hui de mieux en mieux connues grâce au suivi des femmes ménopausées. Ce qu’en quelle sorte, nous sommes dès que nous sommes hormonées, et plus encore quand nous sommes opérées.

Ces complications sont nombreuses et donc à connaître, même si le risque est peu élevé quand nous sommes bien suivies :
• Cancer du sein, d’autant plus que la durée du traitement est longue (surtout au-dessus de 7 ans de traitement).
• Accidents circulatoires : phlébites de membres inférieurs, embolie pulmonaire et à moindre degré, infarctus du myocarde et accident vasculaire cérébral (surtout au cours de la 1ère année de traitement chez les femmes de 60 ans et plus). .
• Aggravation d’un diabète.
• Aggravation d’un trouble du cholestérol.
• Aggravation d’une pathologie hépatique.

A noter, enfin que le THS ne doit pas être prescrit en cas de tabagisme avéré.


Alors quelles hormones ?

Il existe aujourd’hui un débat passionné à propos de la détermination des meilleures hormones et des meilleures voies d’administration.
Le consensus qui tend à se faire en France tient à la synthèse de travaux portant sur de vastes cohortes, principalement américaines (2) et française (1), portant sur des femmes ménopausées. Du fait des pratiques différentes entre les USA et la France, il ressortirait - selon l’AFSSAPS (agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) - que le « THS à la française » serait plus sûr que les protocoles américains.
Il est vrai que ni les oestrogènes ni le progestatif utilisés en Amérique ne le sont plus dans la plupart des pays d’Europe. On leur préfère dans l’hexagone, le bêta oestradiol par voie transcutanée (ainsi la posologie quotidienne est divisée par 4 car on évite le passage par le foie et la dégradation de la plus grande partie du produit) et la progestérone micronisée (Utrogestan, Estima).
Je tiens cependant à modérer l’enthousiasme que cette expertise française suscite : Les experts de l’AFSSAPS qui y ont participé, sont pour la plupart, également conseillers de groupements d’intérêts économiques… A vous donc de juger.


En guise de conclusion

Ces quelques pages ne sont qu’un brouillon, le départ de ce que je voudrais une réflexion de toute notre communauté afin que le meilleur sorte pour nous comme pour nos soignants.

Naïma Nanda

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Être belle...

Posté le 24.12.2006 par naimananda
Être belle et bien dans sa peau, à quel prix ?
31 octobre 2006 Naima Nanda

Se faire belle ou tout simplement prendre soin de soi, de son corps, demande tout un apprentissage. L’information ne manque pas, elle est même trop abondante... A la télévision, certains flashes publicitaires vantent les vertus anti-âge de tel ou tel composant révolutionnaire... La jeunesse éternelle semble désormais à portée de la main... Les instituts de beauté rivalisent, chacun prônant une gamme de produits cosmétiques, toujours la meilleure par rapport à la concurrence. Quant aux « grandes surfaces » qui maintenant apparaissent, ils débordent de produits tous plus miraculeux les uns que les autres.

Être belle le plus longtemps possible, sentir le parfum, est devenu un canon de la femme moderne occidentale. Au-delà du besoin individuel de se sentir bien dans sa peau, la société occidentale a créé le mythe de l’éternelle jeunesse, elle a introduit dans l’esprit de très nombreuses femmes (et maintenant dans celui de certaines classes d’hommes) le leurre de l’éternelle capacité de séduction et par-là d’être aimé(e) pour son image.

Dans cet esprit, il apparaissait évident pour les consommatrices (et maintenant les consommateurs masculins) que les laboratoires et leurs chercheurs étaient tous animés par le désir et la volonté de produire les produits non seulement les plus efficaces mais aussi les plus sains. Ce que, malheureusement certains événements récents allaient contredire au point de déclencher des campagnes médiatiques mettant en accusation les cosmétiques issus des marques mondialement connues.

Après le scandale des déodorants corporels accusés de favoriser le cancer du sein, la revue « Que choisir ? » (n° 436 d’avril 2006) dénonçait la présence de trop d’ingrédients indésirables dans les produits de maquillage que ce soient des fonds de teint, des rouges à lèvres, des fards à paupières, des mascaras ou des démaquillants... (36 produits issus de 23 marques).

A ce propos, quelques chiffres sont signifiants :
- Au niveau des mascaras (5 produits testés), il a été retrouvé de 9 à 13 substances plus ou moins indésirables. Le pire des produits était de marque Nivéa.
- Au niveau des mascaras (5 produits testés), il a été retrouvé de 6 à 18 substances plus ou moins indésirables. Le pire des produits était de marque Gemey.
- Au niveau des rouges à lèvres (5 produits testés), il a été retrouvé de 3 à 20 substances plus ou moins indésirables. Le pire des produits était de marque Gemey.
- Au niveau des fonds de teint (6 produits testés), il a été retrouvé de 1 à 21 substances plus ou moins indésirables. Le pire des produits était de marque Dior.
- Au niveau des laits démaquillants (6 produits testés), il a été retrouvé de 0 à 10 substances plus ou moins indésirables. Le pire des produits était de marque Lancôme.
- Quant aux meilleurs scores (entre 0 et 3) ils sont tous le fait de marques « bio » : Lavera, Sanoflore et Logona.

Et certaines images d’Epinal bien dépassées :
- Le rouge à lèvres Yves Rocher, marque qui se veut naturelle, contient pas moins de 18 de ces substances !...

Mais bien avant ces scandales hexagonaux, Rita STIENS, journaliste allemande, avait déjà alerté l’opinion internationale en publiant dès 1998 une enquête très documentée sous forme d’un gros livre intitulé « La vérité sur les cosmétiques », titre qui fait encore à ce jour référence.

Partons pour une revue rapide de ces différentes catégories de produits

Les cosmétiques

Aujourd’hui, nombre de composants entrant dans leur composition sont reconnus avoir des effets toxiques avérés ou fortement suspectés. Car, il est malheureusement vrai qu’à ce jour, les connaissances à propos de tous ces produits de synthèse est encore très fragmentaire et insuffisant, et cela pour une raison particulière : La législation si sévère vis-à-vis des médicaments a été jusqu’ici très laxiste vis-à-vis des produits de beauté. Pourquoi une telle disparité ?

Parmi les produits aujourd’hui reconnus toxiques ou fortement suspects, sont à retenir :

- L’acetanilid utilisé dans la fabrication des parfums et considéré douteux sur le plan toxicologique.
- L’aluminium utilisé comme déodorant, expose à des réactions cutanées de type inflammatoire, à des phénomènes de stockage à la longue suspectés d’être à l’origine de certaines maladies neuro-dégénératives.
- Certains conservateurs (dont le cetylpyridinium chloride, le laureth, le phényl mercuric acétate/borate et le triclosan) utilisés afin d’assurer la stabilité des produits dans le temps mais toxiques par leur teneur en mercure.
- Les huiles minérales, résidus issus de la distillation du pétrole (dont le ceresin wax, l’ozokerite, le parafinum liquidum ou huile de paraffine, le petrolatum connu sous le nom de vaseline...) utilisés comme excipients de très nombreux produits mais qui sont incompatibles avec la peau...
- Les PEG ou polyéthylènes glycols, issus des gaz de combat, fréquemment utilisés pour entrer dans la composition des produits d’hygiène et de cosmétologie mais qui sont à la fois allergisants et soupçonnés d’être cancérigènes.
- Les solvants (dont la toluène et le xylène) reconnus cancérigènes...

Les désodorisants

La plupart des produits proposés par l’industrie contiennent une association d’anti-transpirants, de désodorisants et de conservateurs (le plus souvent, le parabène [parahydroxy-benzoate] et le chlorhydrate d’aluminium).

La transpiration permet l’élimination des toxines, notamment au niveau de la région des plis : derrière les oreilles, les aisselles, l’entrejambe et derrière les genoux.

En cas d’usage de produits désodorisants, la transpiration est stoppée au niveau des aisselles, les toxines ne peuvent donc plus être éliminées à ce niveau et sont stockées dans les ganglions lymphatiques, région où est localisée la plupart des cancers mammaires !...

Bien que l’usage de ces produits se généralise aussi chez les hommes, le risque reste moindre chez eux du fait qu’ils ne se rasent pas à ce niveau et que, par ce fait, le produit n’est pas appliqué directement à même la peau. Le risque est augmenté chez la femme si celle-ci s’applique ce genre de produits immédiatement après le rasage car les moindres blessures facilitent la pénétration des produits toxiques dans la peau.

Les produits solaires

Les produits solaires du grand commerce sont essentiellement des produits de synthèse.

Cette gamme de produits contient des substances « œstrogène like » capables de passer la barrière cutanée et d’avoir des effets systémiques, notamment au niveau des récepteurs hormonaux, notamment aux oestrogènes et aux androgènes.1 Des traces de ces produits sont retrouvées dans les différents tissus graisseux de l’organisme, en particulier dans le lait maternel... Ainsi, le développement et le fonctionnement des organes reproducteurs serait-il sérieusement menacé. Depuis quelques décennies est observée une augmentation rapide de phénomènes anormaux :

- Chute de la spermatogenèse.
- Apparition des premiers signes de la puberté féminine dès l’âge de 8 ans chez près de 15% des fillettes, avec pour conséquence possible une perte en taille pouvant atteindre 15 centimètres...

Certes, les produits solaires ne sont pas les seuls responsables de ces perturbations hormonales, mais il est sûr qu’ils y participent.

Ces produits - dont la présence a été retrouvée - dans le lait maternel, ont donc des conséquences à long terme quasiment inconnues.

Selon les travaux de Margret SCHLUMPF (institut de pharmacologie et de toxicologie de Zürich), la toxicité chez l’homme serait certaine : effets xéno- oestrogènes sur des tests in vitro (cultures de cellules MCF-7) et in vivo.1 Cette gamme de produits expose aux risques d’allergies Sur les 26 molécules autorisées au sein de l’Europe, certaines sont reconnues allergisantes, notamment l’oxybenzone (ou benzophénone-3) dont la présence doit obligatoirement être signalée sur l’emballage.

Parmi ces substances, figurent :
- Le 4-MBC (4-méthyl-benzilidencamphor) interdit au Danemark (tant les soupçons de toxicité qui pèsent sur lui sont importants.) mais non suspecté en France d’un quelconque pouvoir toxique.
- L’oxybenzone (benzophénone-3) aux pouvoirs irritant et allergisant.

Conseils

- Remarque préliminaire : Déchiffrer les étiquettes de ces produits est impossible pour l’usager ordinaire tant sont utilisés des noms latins et des numéros. Alors il vaut mieux utiliser des produits naturels et issus de culture biologique.
- Pour ce qui est des écrans solaires, rechercher ceux qui sont à base de dioxyde de titane, substance chimiquement inactive.

Bibliographie sérieuse

Livres

- COHEN Myriam ++ « Tout savoir sur vos produits de beauté : Le guide des cosmétiques » Editions Flammarion, 2006. 19,90 Euro.

- DEMANGE Eve et GHESQUIERE Anne +++ Le guide des cosmétiques bio Editions Vigot, 2006. 20 Euro.

CF la revue « Newscientist » du 18.04.2001 ;
CF le site Internet www.mediadesk.unizh.ch/2001/0198

STIENS Rita ++ « La vérité sur les cosmétiques » Leduc éditions, 2005. 23 Euro.

Revues

« Que choisir », n° 436 d’avril 2006, pp. 16-22. +++ Maquillage : Trop d’ingrédients indésirables. 36 produits à la loupe : fonds de teint, rouges à lèvres, fards à paupières, mascaras, démaquillants.

« Natur’elle », revue des laboratoires Phyt’s, n°1 du 3ème trimestre 2004, pp. 4-6. +

Bibliographie pour le plaisir

CLERGEAUD Chantal ++ « Votre beauté au naturel : Comment préparer vous-même tous vos produits de beauté. » Editions Dangles, 2002. 18 Euro.

GAUTHIER Marie-Bénédictine et AÏACHE Véronique ++ « Secrets et rituels de beauté du monde entier » France Loisirs, 2005.

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La prise d'hormones

Posté le 24.12.2006 par naimananda
LA PRISE D’ HORMONES
9 mars 2006 Naima Nanda

Note du collectif : Les produits et applications inscrites dans ce texte écrit par une médecin ne peuvent être prescrits que sur ordonnance après examens biologiques complets. L’utilisation sauvage, hors suivi endocrinologique est tout simplement suicidaire. Nous vous informons pour mieux comprendre les processus et éviter les erreurs.

Les traitements à visée hormonale

Avant tout, une notion essentielle

Les substances que nous allons aborder sont pour l’essentiel des produits de synthèse, donc des éléments étrangers à notre organisme. Elles sont parfois plus ou moins bien tolérées parce que l’organisme humain ne possède pas toujours les enzymes nécessaires à leur métabolisation. Et même quand ces enzymes sont présentes, elles peuvent exister sous plusieurs formes, dites variantes, l’une pouvant être efficace, la seconde moins, une troisième pas du tout.

De plus, les effets secondaires de ces substances ne sont pas encore tous connus car il faut au moins 20 ans de commercialisation pour en avoir une idée assez précise.

Aussi, est-il capital pour notre communauté de prendre ces produits avec un maximum de sécurité afin de vivre notre nouvelle vie à son meilleur niveau et aussi longtemps que possible. Même si l’information qui suit est parfois assez complexe, elle mérite d’être approfondie car il en va de notre santé.

Les principes de l’hormonothérapie au cours du processus de réassignation sexuelle

Deux classes de médicaments sont utilisées :

o Les freinateurs de la sécrétion hormonale habituelle

o L’opothérapie substitutive (la prescription d’hormones)

Nous envisagerons ces deux classes selon le sexe désiré

o Pour les MtF

La première phase est de diminuer considérablement l’action des androgènes.

Il y a plusieurs façons d’y parvenir, en voici quelques-unes :

· Inhiber la sécrétion des androgènes.

· Augmenter leur catabolisme, essentiellement au niveau hépatique.

· Inhiber l’action de l’aromatase, enzyme qui transforme de l’oestradiol en testostérone.

· Inhiber l’action de la 5-alpha-réductase, enzyme qui transforme la testostérone en DHT hydrotestostérone), son métabolite actif.

· Elever le taux de la SHBG , une protéine qui en se liant avec la testostérone diminue la forme libre qui est seule active.

· Empêcher que la DHT atteigne ses récepteurs spécifiques situés à la surface de certaines cellules, dites cellules cibles.

Les substances susceptibles d’être utilisées sont les suivantes :

· L’acétate de cyprotérone (Androcur et ses génériques) qui inhibe la 5-alpha-réductase accélère le métabolisme des androgènes par le foie et freine également et fortement l’activité gonadotrope de l’antéhypophyse. La posologie admise est de 100 mg/j à laquelle la tolérance est bonne, n’exposant pas comme les doses supérieures à une prise de poids, à une fatigue plus ou moins intense voire un ictère .

· La spironolactone, (Aldactone et ses génériques) l’un des premières molécules anti-androgènes utilisées, bien tolérée mais moins efficace. Si la gynécomastie est relativement fréquente (fonction à la fois de la dose journalière et de la durée du traitement), les autres effets recherchés sont nettement moins fréquents, l’impuissance notamment.

· Le flutamide (Eulexine et génériques) qui bloque les récepteurs aux androgènes et qui semble dénué d’effet nocif véritable. Il peut induire une certaine gynécomastie et/ou sensibilité mammaire. Dose recommandée : 250 mg/j.

· Le nitulamide (Anandron) qui agit de la même façon. Il est reconnu pour induire impuissance, baisse de la libido, gynécomastie mais aussi bouffées de chaleur et alopécie ainsi que des signes biologiques d’inflammation du foie (augmentation des transaminases). Présenté aux posologies de 50 mg et 150 mg par comprimé, il est préconisé dans le domaine qui nous concerne à 50 mg/j. Les effets oui, mais pas les inconvénients.

· Le finastéride (Chibro-Proscar dosé à 5 mg / Propecia dosé à 1 mg) qui agit en inhibant l’action de la 5-alpha-réductase. A la dose de 5 mg/j, il induit par ordre de fréquence décroissante : impuissance, diminution de la libido, gynécomastie, sensibilité mammaire, douleurs testiculaires, somnolence.

Les effets recherchés par la prise de ces produits sont en fait leurs effets secondaires car la prescription habituelle de ces molécules est tout autre : cancer ou hypertrophie bénigne (adénome) de la prostate, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, syndrome néphrotique...

Ces effets secondaires sont parfois peu fréquents comme ceux du finastéride, guère plus élevés que ceux générés par un placebo : Les résultats de deux études ayant duré 4 ans (études PLESS et MTOPS) ont chiffré la fréquence de ces effets secondaires en les comparant notamment à un placebo :

Sous finastéride Sous placebo Impuissance 16,1% (P)18,5% (M) 10,4% (P)12,2% (M) Baisse de libido 10% 5,7% Gynécomastie 2,2% 0,7% (P) : Selon l’étude PLESS - (M) : Selon l’étude MTOPS

En pratique, seul l’acétate de cyprotérone (Androcur) apparaît capable de satisfaire nos besoins. Il permet de revenir à un état proche de l’avant puberté : diminution de volume de la verge, de la pilosité, réduction de la libido et du nombre d’érections.

La seconde étape est la prise d’oestrogènes en association avec l’Androcur.Leur action est au moins triple : · Action féminisante et la plus évidente !

· Action anti-androgène par augmentation de la synthèse de la SHBG et par voie de conséquence, diminution de la fraction libre de testostérone.

· Action antigonadotrope.

Les formes disponibles sont :

· L’oestradiol naturel (17-bêta-oestradiol) qui existe sous forme de comprimés et de gels percutanés. La forme locale est préférable du fait que ne passant pas par le foie, elle nécessite des doses 4 fois inférieures à la forme buccale. Elle présente donc une meilleure tolérance, ce qui est intéressant surtout à long terme.

· L’éthynil-oestradiol qui est à déconseiller du fait de la possibilité de la survenue soit d’accidents de phlébites et d’embolies d’une part soit d’un cancer du foie.

Dans la majorité des cas, l’association ce l’acétate de cyprotérone et de 17-bêta-oestradiol suffit. Dans les cas résistants, est alors jointe une troisième molécule, la triptoréline (Décapeptyl), un analogue de la GnRH , voire une quatrième, la flutamide ou la nitulamide.

o Pour les FtM

La première étape est d’obtenir le retour à l’état prépubère.

C’est le temps de l’acétate de cyprotérone qui, par son action antigonadotrope puissante, supprime les règles et réduit le volume mammaire.

La seconde étape est la prise d’un androgène après arrêt de l’acétate de cyprotérone.

Les androgènes agissent sur le récepteur aux androgènes et induisent le développement des caractères sexuels secondaires masculins : barbe, poils, peau moins soyeuse.

La testostérone est disponible sous trois formes :

· Orale : Pantéstone, comprimés dosés à 40 mg.

· Retard : Androtardyl, une injection intramusculaire de 250 mg deux fois par mois.

· Transcutanée : Androgel, sachets dosés à 25 ou 50 mg.

La dé-hydro-testostérone (DHT) ou androstanolone (Andractim, tube de gel gradué) présente l’avantage par rapport aux formes précédentes de ne pouvoir être dégradée en œstrogène par l’organisme. Elle n’expose donc pas la femme non opérée au risque de cancer de l’endomètre.

Références

o Actualités Innovations Médecine, n° 106 de mai 2005, pp. 25 à 30.

POUR TOUTES VOS QUESTIONS UN FORUM EST OUVERT NOUS ESSAYERONS DE VOUS REPONDRE AU MIEUX

o Dictionnaire Vidal.

Naïma Nanda
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