Bien arrivée hier matin à l'Hötel où le Dr Chettawut a obtenu pour ses clientes d'importantes réductions (la chambre à 20 $ par jour au lieu de 35...)
Mais avant de prendre une douche régénérante et de me rendre au cabinet du médecin (dans une de ses voitures particulières, conduite par un chauffeur, comme une princesse), j'ai connu quelques émotions...
Habitant pour un temps encore Annecy, je suis partie de Genève où Eva(Evanescente) m'a très gentiment m'accompagnée. A l'enregistrement des bagages, le préposé (un homme jeune) m'interpelle :
"Mais ce ne sont pas vos papiers !"
Préparée à ce genre de situations, je lui répondis très calmement:
"Je suis transsexuelle, je vais me faire opérer en Thaïlande, j'ai joint à mon passeport deux certificats que vous pouvez lire, vous verrez que je vous dis vrai."
Dans le même temps, le visage de mon interlocuteur était devenu cramoisi.
Une heure plus tard, quand je présentais mon passeport au garde frontière suisse, même réticence, même réponse. Le visage de cet homme exprima une totale incompréhension. Après un long silence, il me demanda:
"Là bas, tout est en ordre?"
"Bien sûr"
Répondis-je avec cran...
Aérport de Rome. Je ne parle pas italien, et l'anglais guère mieux.Je tente ma chance en français. EN VAIN... Après bien des errements, j'ai compris qu'il me fallait prendre une navette pour trouver mon bon terminal.
Les complications n'étaient pas fini pour autant. Les billets étant établis au nom d'Al Italia, je m'adressais donc à leur comptoir, on trouva bien mon nom mais pas moyen d'établir pour billet pour embarquer... Le temps passait quand une des femmes eu la bonne idée de téléphoner à un des responsables...
La seconde partie du voyage se faisant sur un avion de China Airlines, il me falalit m'adresser à leur guichet. Nouvelle quête, le burreau n'était pas encore ouvert, mais enfin je savais à qui m'adresser...
Les quelques 10 heures d'avion et les quelques 9.200 kilomètres à survoles (avec deux vrais repas comme avant sur les réseaux européens...) me parurent moins longs que l'attente précédente...
Aéroport de Bangkok. Immense. Vous avez dit immense. Vous êtes encore en-dessous de la réalité... Des couloirs d'une longueur jamais vue, une bonne façon de se dérouiller les jambes. Une modernité harmonieuse.
Nouveau contrôle d'identité. Là, j'ai criant le pire... Incroyable, je me suis trouvée en face d'un préposé qui ne connaissait rien du tourisme médical nous concernant. J'ai puisé en moi mes dernières ressources d'anglais afin de lui montrer l'adresse en tête du certificat que m'avait fait le Dr Chettawut. Ouf, ça marchait. Deux tampons sur le passeport et le droit de séjourner en Thaïlande jusqu'au 10 février. J'en repars le 8, tout va bien.
Il me fallait retrouver Tair au milieu d'une foule se bousculant, de taxis qui ne cessaient de me proposer leurs services... Mais pas de Tair (l'infirmière cheffe du Dr Chettawut) dont j'ai pris une photocopie d'une de ses photos trouvées sur le site du chirurgine.
De son côté, je me doute qu'elle ne doit pas me trouver elle non plus car deux jours avant de partir, j'ai complètement changé de look troquant ma perruque chatain pour une prothèse fixée par une résine, de couleurs mélangées, gris argent, poivre et sel.
M'enhardissant, je demandais à une jeune femem près de moi de composer le n0 de téléphone de Tair que j'avais aussi sur moi. Un bon truc dans cette foule... Au bout de plus de dix minutes et de trois appels, nous finissions pas nous congratuler.
Traversée de Bangkok, de son incroyable mariage de réseaux rapides, de constructions modernes cotoyant bien d'autres misérables, le tout dans une pollution et un bruit difficiles à chffrer et à accepter...
Douche rapide mais régénérante, enfiler des vêtements propres, me sentir bien... Le voyage initiatique commençait vraiment...
A peine 10h30, le chauffeur promis est là. Un long détour pour atteindre près d'un quart d'heure plus tard el cabinet du célèbre médecin, coincé entre deux magasins si peu reluisants que je me suis posée la question:
"Mais où m'a-ton amenée?"
Très courte incartitude en fait. Dès que je suis entrée dans le cabinte, tout a repris un air rassurant. Le chirurgien était là, etouré de toute son équipe.
Après les formalités d'enregistrement (dont la vérification de tous les examens médicaux), je passais dans la salle d'examen. Mesure debout de la verge, estimation du tissu scrotal. Le tout avec beaucoupe de respect.
Puis examen de la poitrine. Là, cela semble plus complexe, mon sein droit est inséré plus bas que le gauche et est beaucoup plus volumineux. Comme je désire une poitrine de taille C (je remplis assez bien un bonnet B), le chrurgien me propose 400 ml à gauche, 375 à droite.
Puis vient le rituel de la remise des dilatateurs (quatre au total pour 100 $...) dans un magnifique petit étui et des formulaires (en anglais) expliquant toutes les précautions que nous avons à prendre de nous-mêmes. Il était temps que cela m'arrive, après ce dernier mois de travail à un rythme fou...
Retour à l'hôtel où je retrouve Stéphanie (connue sur Internet) et son ami. Nous avions convenu, il ya plus de trois mois déjà, de partager la même chambre après nos interventions. Repas de midi à la diète (sans résidu, cela ne laisse pas beacoup de choix, mais là, je suis sûre que je vais perdre une partie des 7 kilos que j'ai pris depuis que je suis sous hormones...)
L'après-midi essentiellement à dormir, tant je sens toute la fatigue accumulée au cours des dernières semaines et enfin autorisée à se manifester.
Le soir, quand nous échangeons avec d'autres clientes de Chet, anglaises, new-yorkaise, néo-zélandaise et même une parisienne de Bretagne parlant parfaitement l'anglais, je suis prise soudaint d'un profond doute avec lequel je passe la nuit: Toutes les autres ont subi des temps opératoires supérieurs à celui que Chet m'a dit estimer pour moi. Pourquoi ? La seule réponse que me vint fut qu'il ne pourrait pas faire aussi bien sur moi que chez les autres, mais pourquoi ? Et pourquoi ne m'avait-il rien dit ?
Quand je vis arriver Tair ce matin à l'hôtel, je m'empressais de lui poser la question. Elle me rassura en me disant que les temps opératoires variaient efectivement d'une personne à l'autre suivant les difficultés rencontrées. Et que si, pour moi, Chet m'avait assuré d'un temps voisin de 6 heures au total, c'est que mes tissus s'y prétaient bien... C'est vrai que je suis particulièrement souple au niveau du bassin.
Ouf.
Bises.
A bientôt