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Nom du blog :
naimananda
Description du blog :
Le parcours de Naïma, et plus particulièrement à partir de la CRS en Thaïlande le 15 janvier 2007
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
20.12.2006
Dernière mise à jour :
21.06.2007
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Mes articles pour le CTE

« 6 inches, avez-vous dit ? »

Posté le 07.03.2007 par naimananda


Lorsque j’étais à Bangkok, une des principales attentes des futures « filles de Chet » était d’avoir un vagin suffisamment profond : « 6 inches minimum, sinon rien ! », soit environ 15 centimètres.
Pourquoi une telle profondeur ? Tout simplement parce que la lecture du site Internet du bon médecin montrait une dizaine de cas qui chacun affichait entre 6 et 7 inches.

Je me rappelle la désillusion de ma voisine de chambre et bientôt amie quand elle apprit qu’elle n’avait que 5 inches. Je me souviens également de la mienne lorsque quelques jours après la résorption de l’œdème des grandes lèvres, j’observais le dilatateur afficher 5 inches seulement.

Nous nous en inquiétâmes auprès des infirmières chargées de nous prodiguer les soins quotidiens. Tair se voulut rassurante en nous affirmant que la profondeur vaginale moyenne était de 5 inches et que ce qui importait était de conserver cette profondeur en pratiquant régulièrement les dilatations.
Il me fallut faire le calme en moi puis l’effort de me rappeler jusqu’où s’enfonçaient mes doigts lorsque je faisais un examen gynécologique quand j’étais encore médecin de campagne. Bien qu’il existe des différences notoires d’une femme à l’autre, mes doigts ne s’enfonçaient pas au-delà de l’articulation métacarpo-phalangienne.

Au fil des jours, je pris conscience que de nombreuses « nouvelles femmes » avaient à peu près la même profondeur que nous.

Sur la photo que j’ai placée en tête d’article, on voit que cette distance n’atteint pas les 4 inches. Lors d’un examen gynécologique approfondi, le médecin provoque un plissement des tissus mais la profondeur alors atteinte doit effectivement rarement dépasser les 5 inches.

Alors pourquoi l’abandon des 6 inches jusqu’alors pratiqués ?
L’hypothèse que j’avance est que construire un vagin plus profond que nature assurait une profondeur minimale après la rétraction des tissus régulièrement observée dans les semaines post-opératoires. Mais cela exige pour le chirurgien d’avoir assez de tissus disponibles pour cela : Les greffes à partir de la peau du scrotum sont inévitables.
Y aurait-il eu des problèmes post-chirurgicaux inhérents à cette recherche de plus grande profondeur ? La question reste entière. Je n’ai pas obtenu de réponse, la difficulté de communiquer augmentant le mystère.





--

Se laisser apprivoiser par notre nouveau corps

Posté le 12.02.2007 par naimananda





Avertissement : Les informations ci-dessous ont été établies à partir des observations faites auprès des MtF opérées par le Dr Chettawut à Bangkok. Aussi, pour toutes celles qui ont choisi un autre chirurgien, je vous prie d’adapter ces informations à la technique opératoire que vous avez subie ou allez subir.


Se faire opérer, nous en rêvons toutes.
Mais sommes-nous réellement prêtes à ce qui nous attend lorsque - enfin ! - le rêve devient réalité ?

L’article qui suit se propose de faire un exposé, non exhaustif, des suites opératoires immédiates et des phénomènes les plus fréquemment observés qui souvent nous posent question, voire nous inquiètent.
D’ailleurs, si vous avez des remarques, des questions, n’hésitez pas à me les communiquer. L’article en sera enrichi pour le bien de chacune d’entre nous, déjà ou bientôt opérée.


1. Ce qui peut arriver au cours de l’hospitalisation

Attention, de tout ce qui suit, il y a une faible éventualité que vous présentiez l’une ou l’autre des situations suivantes, et encore moins deux cumulées.


1.1 Des nausées, parfois des vomissements le lendemain de l’intervention

Il est évident que le terrain intervient ici fortement : Toute personne aux antécédents hépatiques (hépatite virale, intoxication accidentelle) ou/et porteuse d’une insuffisance fonctionnelle (intolérance aux produits gras et surtout aux graisses cuites) sera plus exposée à ce type d’effets secondaires de l’anesthésie car les produits utilisés, après avoir accompli leur mission, sont éliminés pour une part par le foie…
Bien que cette situation soit prévue - un anti-émétique est souvent mis d’emblée dans le liquide de perfusion - il arrive cependant que cela ne soit pas suffisant. Ne pas hésiter à demander un supplément d’aide.
De toute façon, dans la très grande majorité des cas, ce tableau ne dépasse pas le premier jour post-opératoire.


1.2 La diarrhée

Vite jugulée par des traitements appropriés. Elle ne dure pas également.


1.3 Le ralentissement de la progression des gaz sans arrêt de leur production

Situation qui peut être assez pénible car assez douloureuse. Outre la possibilité de demander des « médications for pain » (souvent deux comprimés de paracétamol), il semble que le fait de boire un demi verre d’eau, la plus fraîche possible, fasse redémarrer pour un moment le péristaltisme (contractions régulières de l’intestin en dehors du contrôle de la volonté) et permette l’évacuation de quelques gaz.
Dès la reprise de la marche, la situation rentre rapidement dans l’ordre.


1.4 La constitution d’un hématome

Pour celles qui ont profité de ce temps opératoire pour faire pratiquer également une mammoplastie, la constitution d’un hématome dans les parties déclives (c’est-à-dire dans le cas présent dans le bas du dos, à l’union avec les lombes). Les mouvements dans le lit s’en trouvent réduits… et demandent une certaine lenteur.


2. Ce qui peut arriver pendant la convalescence à l’hôtel

2.1 La difficulté à uriner droit les premières fois

C’est devenu un adage que de dire que « Les premières fois, on s’arrose partout !... » Et ce ne sont pas les différents efforts que nous pourrons faire ni les différentes positions que nous pourrons prendre, qui vont améliorer la chose.
C’est uniquement une question de temps, de quelques jours à une ou deux semaines. Alors, un peu de patience…


2.2 L’irritation du sillon fessier

Cependant de cet arrosage incontrôlé, il peut résulter pour certaines peaux sensibles, une irritation qui déborde la région génitale. L’utilisation de crème Jonctum® est alors justifiée autour de l’anus et sur les parois intérieures des cuisses en épargnant cependant toute la région sexuelle.


2.3 Le temps d’attente entre désir d’uriner et uriner

Il peut nous arriver de ressentir une envie pressante d’aller uriner, de nous précipiter aux toilettes, et là, de constater que la miction ne se produit pas. Il nous faut parfois attendre une à deux minutes pour que celle-ci commence.
Au fil des jours, ce genre de phénomène se fait de plus en plus rare.


2.4 La difficulté à ressentir la fin de la miction

Pour certaines d’entre nous, la fin de la miction ne semble pas arriver !... Effectivement, la sensation ressentie au niveau de l’urètre (Il faisait 17 cm avant l’intervention, il n’en fait maintenant qu’environ 3 ! Il possédait deux sphincters et n’en a plus qu’un…) est perturbée. D’où l’illusion que « Cela ne va jamais finir ! »
Dans un tel cas, il suffit d’être à l’écoute du bruit de notre jet ou de regarder dans la cuvette.
Comme au paragraphe précédent, ce genre de phénomène se fait de plus en plus rare au fil du temps.


2.5 Nous avons une autre odeur… Une odeur de femme !

Très rapidement, notre odorat est alerté par une odeur inhabituelle qui se dégage de ce nouveau sexe, inquiétante - « Aurai-je une infection vaginale ? » - qui nous incite à questionner la première infirmière qui passe. Après une visite en règle, celle-ci répond de façon rassurante :
« Nous, vous n’avez pas d’infection… Si c’était le cas, l’odeur serait vraiment plus désagréable et vous auriez d’autres phénomènes, démangeaisons, pertes blanches abondantes. Ce que vous avez, c’est l’odeur naturelle d’une femme chez qui une partie des tissus morts est évacuée quotidiennement par cette voie… Bienvenue dans le monde féminin ! »
C’est un choc pour certaines, mais si nous prenons la peine de nous remémorer l’odeur du sexe masculin - notre propre odeur pendant tant d’années - laquelle préférons-nous ?


2.6 La sensation de membre fantôme

Il s’agit là, au contraire des précédents, d’un phénomène très fréquent… et au début, combien effrayant !
Cela se produit tout particulièrement quand la sensibilité de la région se réveille, nous avons alors l’impression d’avoir mal à notre verge, à nos bourses, et cela nous paraît tellement véridique que nous ne pouvons nous empêcher de vérifier avec la main que nous avons bien été opérées !... « Ouah ! L’angoisse pendant quelques secondes ! »
Ce phénomène peut durer assez longtemps, favorisé notamment par la reprise trop rapide des activités ordinaires. CF paragraphe 2.11


2.7 Le réveil des nerfs touchés pendant l’intervention

Au cours de la seconde semaine après l’opération, souvent au moment même où nous voudrions partir faire du shopping, les nerfs touchés par le chirurgien commencent à se réveiller et à se manifester sous forme d’élancements soit sous forme de salves, soit sous forme d’une douleur plus ou moins lancinante.
Ne pas alors hésiter à demander des antalgiques. Malheureusement, la sensibilité à ces médicaments est très variable d’une personne à l’autre : Ainsi, l’une sera parfaitement soulagée, l’autre peu.
La prise de magnésium (à la posologie maximale indiquée par le fabricant, et ce pendant six semaines, le temps de remonter le pool) s’avère ici toujours utile car à elle seule, elle est capable de réduire de 30% la posologie des antalgiques.
De toute façon, la réduction des activités et le repos sont évidemment le meilleur traitement !... Ainsi que l’apprentissage de la patience…


2.8 La diminution apparente de la profondeur vaginale

La première mesure est pratiquée le jour de la sortie de l’hôpital Piyavate, juste après l’ablation du « package » intra-vaginal. Elle est souvent généreuse car elle prend en compte l’œdème des lèvres…
Aussi, trois jours plus tard, avons-nous perdu plus d’un centimètre ! Rien de plus normal, donc rien d’alarmant.

La technique chirurgicale actuellement utilisée assure, sauf cas particuliers, une profondeur de 5 pouces, soit un peu moins de 13 centimètres. Souvent un peu plus, de sorte que les 14 peuvent être atteints.


2.9 La difficulté à s’asseoir droite

C’est là la difficulté que nous rencontrons toutes, sans exception, car la technique chirurgicale employée sur nous crée un point dur et sensible entre l’anus et l’arrière de la vulve, dans cet espace qu’on appelle normalement le périnée.
S’asseoir droite donne l’impression d’un bout de bois fiché sur lequel nous nous empalons. Ce n’est pas insurmontable mais c’est loin d’être confortable.
Comme le reste, le temps fait son œuvre en environ trois semaines.

Dans l’attente, deux solutions :
2.7.1 L’achat d’une bouée matelassée (auprès du médecin pour 500
baths, soit 11 euros environ).
2.7.2 S’asseoir légèrement vautrée, c’est-à-dire sur l’arrière des fesses.
Nous n’en sommes plus à un regard de travers, n’est-ce pas ?


2.10 La crise de nerfs sur fond de petite déprime

La plupart d’entre nous avons été fragilisées nerveusement par les épreuves que nous avons dû traverser avant d’obtenir le certificat du psychiatre autorisant l’intervention. Aussi, sommes-nous devenues plus sensibles au moindre stress.
Le traitement hormonal que nous prenons nous fragilise également.
De plus ici, bien que tout soit ici pensé pour que notre séjour soit le plus confortable possible, nous sommes soumises à trois types de stress bien particuliers :
2.8.1 La fragilité des greffes que nous subissons nous oblige à restreindre considérablement nos envies de sorties hors de l’hôtel. Aussi, assez rapidement, nous vivons-nous comme des recluses dans une prison dorée…
2.8.2 Le rituel des deux ou trois dilatations quotidiennes est éprouvant et générateur d’inquiétudes diverses : « Tiens, ça ne rentre pas aujourd’hui ! Je n’arriverai jamais au 4 ! », « J’ai mal, j’ai l’impression que chaque jour, c’est plus étroit », « Je perds en profondeur, jamais je ne pourrais satisfaire mon compagnon ! »
2.8.3 La distance énorme qui nous sépare des nôtres devient rapidement difficile à gérer. Il suffit qu’un coup de téléphone tarde à venir, qu’une ligne soit dérangée (même Internet a été coupé quelques heures ces derniers jours !) pour que nous nous fassions un sang d’encre, que nous nous montions des scénarios catastrophe…
Inquiétude, tristesse, petite déprime sont donc chez nous assez fréquentes…

Trois conseils pratiques :
2.8.4 Commencer une cure de magnésium bien avant de partir pour la
Thaïlande et la continuer là-bas tout le temps du séjour.
2.8.5 Veiller à ne pas rester seule. Nous sommes de plus en plus de francophones à venir se faire opérer ici. Demander donc de l’aide auprès de l’une d’elles ou/et appeler l’équipe soignante.
2.8.6 S’acheter dès l’arrivée à Bangkok une « international calling card » qui, pour 500 baths (11 euros), permet de téléphoner dans le monde entier depuis sa chambre pendant une heure et demie.

Une recommandation : Repos, repos et encore repos. Mais bien qu’avisée de multiples fois, et ce, même avant votre hospitalisation, vous n’en comprendrez réellement l’utilité que lorsque, comme la très grande majorité d’entre nous, vous aurez eu l’envie de faire quelques promenades en dehors de l’enceinte dorée de l’hôtel… Ah emplettes au « Seacon Square » ou au « Week-end Market », que nous faites-vous pas faire ?
Si vous désirez venir en Thaïlande dans l’espoir de cumuler chirurgie et tourisme, faites en sorte de visiter et de faire vos achats la première semaine et de consacrer les trois semaines suivantes à votre convalescence car après l’intervention de réassignation de sexe, c’est vraiment s’exposer à toute une série de désagréments facilement évitables comme les suivantes :

2.11 Une poussée fébrile semblable à celle observée au cours d’une grippe

Cette éventualité survient souvent dans les heures qui suivent une reprise des activités trop rapide : fièvre pouvant dépasser 39°C, céphalées, courbatures…
Outre le paracétamol (attention à ne pas prendre d’aspirine !), il est possible et vivement recommandé de se faire envelopper le corps et le front de serviettes trempées dans l’eau du lavabo. L’amélioration est rapide et invite à plus de sagesse.


2.12 Une inflammation des lèvres avec production de douleurs locales

Se promener faire des courses ou pour visiter, même lentement, même en observant des pauses, provoque un frottement des lèvres. D’où un œdème de celles-ci souvent accompagné de douleurs, soit en fond continu, soit sous forme de salves de décharges électriques, soit les deux !... Avec, de surcroît, les séances de dilatation rendues douloureuses avec difficulté pour atteindre la profondeur maximale habituelle et, par voie de conséquence, génération d’angoisses…


3. Les questions que nous nous posons le plus fréquemment

3.1 « Aurai-je assez de profondeur vaginale pour mon compagnon ? »

Car nous pensons, si nous sommes hétérosexuelles, que de la réponse à cette question, dépend la pérennité de la relation à notre compagnon.
Débat sans fin sur la longueur du sexe mâle… Il serait d’environ 17 cm chez l’Européen, un peu moins, chez l’Asiatique, un peu plus chez l’Africain.
Là, plus que toute étude, les témoignages de personnes opérées sont précieux. Qu’ils soient les plus nombreux, ils seront les bienvenus.


3.2 « Arriverai-je à me dilater suffisamment pour que mon compagnon puisse me pénétrer ? »

Cette question connaît même une variante : « La taille 4 est-elle suffisante ? »
Nous ne pouvons aujourd’hui que faire les mêmes remarques qu’au pa-
ragraphe précédent.


Ces deux questions sont susceptibles de créer de l’inquiétude voire une véritable angoisse, ce qui gêne la détente nécessaire pour que les séances de dilatation se passent bien, ce qui à son tour, alimente les peurs générées par les questions. Donc, un véritable cercle vicieux qui peut ralentir le programme prévu.
Une des meilleures façons de dépasser cette difficulté est de penser à l’être aimé et à lui envoyer beaucoup d’amour. L’imaginaire érotique prend alors souvent la commande du mental et favorise la relaxation nécessaire.
Si vous êtes sceptique, essayez au moins et faites-moi part de votre expérience !


4. Ce qui change en nous malgré nous : Les petits miracles

Le rêve d’hier est notre réalité d’aujourd’hui. Cependant, une partie de nous en doute : « Est-ce que je ne rêve pas ? Suis-je réellement opérée ? »
Il nous faut un temps pour intégrer cette nouvelle réalité car, trop souvent au cours de nos années de souffrance, combien de matins sinistres, ne nous sommes-nous pas réveillées de ce toujours même rêve, ô combien délicieux dans l’instant, d’avoir été transformée au cours de la nuit, ô combien horrible dans les secondes suivantes quand, d’un revers de main, nous constations qu’il n’en était rien !

4.1 Le sentiment de plénitude et de sécurité intérieure

Le regard dans le miroir, se voir toute nue, la silhouette approchant de plus en plus de notre idéal. Le sexe à est l’image de notre image intérieure de nous-même, les formes attendues sont là.
Enfin, nous portons sur nous-même un regard aimant, plein de tendresse.
La survie est devenue la Vie.


4.2 Le lâcher prise

Nous pouvons vivre complètement notre féminité, car nous savons maintenant au fond de nous-même, que nous avons fait tout ce qui était de notre responsabilité pour être aussi femme que possible.
Nous n’avons plus à craindre le regard de l’autre, nous pouvons pleinement nous exprimer.
Nous pénétrons un espace d’une telle liberté intérieure que bien des femmes elles-mêmes nous envient de vivre pleinement notre vie, nos envies, nos désirs, voire nos folies.


4.3 La disparition de nombreuses peurs

Aujourd’hui, nous avons été opérées, et de la façon la plus satisfaisante qui soit aujourd’hui. C’est le terme d’un parcours de sauts d’obstacles innombrables et éprouvants, étalés sur plusieurs années.

Pour atteindre ce but, combien de nos peurs avons-nous dû dépasser ? Combien de risques avons-nous dû prendre ? Combien de fois avons-nous dû franchir les limites de la légalité parce qu’il n’était pas possible de faire autrement sinon nous aurions cédé au chant trompeur du suicide ?…

Au cours de ces années terribles, nous avons progressivement appris à discerner nos véritables amis (et les thérapeutes qui nous ont accompagnées pendant ces années difficiles en sont assurément) de nos faux amis (notamment nombre de médecins qui s’affichent experts alors qu’aucune qualification de ce type n’existe encore au monde !).
Nous avons appris à prendre le risque d’exprimer haut et clair notre identité différente de la dualité ordinaire, nous avons appris à satisfaire nos besoins légitimes.

Aujourd’hui, nous sommes le plus souvent regroupées au sein d’associations efficaces et représentatives.
Nous avons appris à nous faire confiance…


4.4 L’énergie pour de nombreux projets

Outre « l’envie de rattraper le temps perdu », nous nous découvrons souvent d’autres sujets d’intérêts. Du fait de la confiance et de la capacité de discernement que nous avons acquises, nous ne nous sentons plus aussi limitées, nous sommes pour la plupart, plus vivantes que notre entourage car libérées de nombreux freins (croyances familiales, sociales, religieuses, toutes partisanes).
Et nous sommes particulièrement reconnues pour notre créativité, et même recherchées pour cela.

Le suiv du traitement hormonal

Posté le 24.12.2006 par naimananda
Le suivi du traitement hormonal

Décider de subir une chirurgie de réassignation sexuelle, c’est s’engager à prendre un traitement hormonal substitutif le reste de sa vie durant.
Des oestrogènes pour les Mtf, de la testostérone pour les FtM.

A ce propos, connaissez-vous l’étymologie du mot « ostrogène » ? Il vient de la juxtaposition de deux mots grecs : « oïstros » fureur et « génnan » engendrer. Beau sujet de méditation !


Le(s) bilan(s) biologique(s)

Que l’on soit MtF ou FtM, ce bilan est quasiment le même.Il est établi ici pour les MtF… Galanterie oblige !


Un premier bilan nous est demandé bien avant même que nous soit accordé de passer au traitement freinateur. Souvent, il est nécessaire de se rendre dans un centre hospitalier universitaire pour le réaliser.
Il comprend au minimum :

o Examens d’hémostase
TCA
Héparinémie standard (activité anti-Xa)
Taux de prothrombine (TP)
INR
Facteur V
Facteur II
Fibrinogène
Recherche d’une résistance à la protéine C activée
Protéine C par mesure coagulométrique
Protéine S par mesure coagulométrique
PAI-1 antigène
o Bilan hormonal
Testostérone plasmatique
FSH plasmatique
LH plasmatique
Oestradiol plasmatique
• Bilan hépatique
Transaminases : SGOT, SGPT
Gamma GT
Phosphatases alcalines
• Dépistages sérologiques
Recherche d’anticorps anti HIV1/HIV2 par deux techniques différentes
Sérologie de la syphilis par deux techniques différentes
• Caryotype

Certains endocrinologues, considérant probablement très longue la durée prévisible du traitement hormonal substitutif, cherchent dès cet instant à établir les risques de celui-ci à moyen et long terme. Aussi, peuvent être rajoutés les examens suivants :
o Bilan métabolique
Glycémie à jeun
Eventuellement une hyperglycémie provoquée per os
Cholestérol total
HDL cholestérol
LDL cholestérol
Rapport cholestérol total / HDL cholestérol
Triglycérides
Créatinine sanguine

Selon les endocrinologues, la prescription de bêta oestradiol est soit immédiatement associée à celle de l’acétate de cyprotérone, soit prescrite au bout de plusieurs mois de freination de la sécrétion de testostérone, en moyenne 6 mois.

La première surveillance du traitement par l’acétate de cyprotérone se fait en moyenne au terme de 3 mois. Elle comprend en l’absence d’anomalie au premier bilan :
o Bilan hormonal
Testostérone plasmatique qui doit s’effondrer.
o Bilan hépatique
Transaminases : SGOT, SGPT
Gamma GT
Phosphatases alcalines
Et chez le sujet diabétique ou présentant un risque de diabète
o Glycémie

La première surveillance du traitement par le 17 bêta oestradiol se fait au terme de 3 mois et comprend :
o Bilan métabolique
Glycémie à jeun
Cholestérol total
HDL cholestérol
LDL cholestérol
Rapport cholestérol total / HDL cholestérol
Triglycérides
• Bilan hépatique
Transaminases : SGOT, SGPT
Gamma GT
Phosphatases alcalines

La poursuite de la surveillance dépend évidemment de la qualité des résultats précédents. Le plus souvent, elle est bisannuelle, parfois annuelle, et dans le cas de pathologie associée, beaucoup plus rapprochée.
Chez les MtF, une attention particulière doit être portée sur la numération formule sanguine (NFS) afin de détecter la survenue éventuelle d’une anémie : En effet, l’érythropoïèse (ou renouvellement normal des globules rouges) est normalement stimulée par une substance secrétée au niveau rénal, l’érythropoïétine, dont le taux dépend de celui-ci de la testostérone libre, réduit après la chirurgie de réassignation, à la sécrétion au niveau corticosurrénal. Chez les MtF, opérées notamment depuis plusieurs années, il peut se constituer un tableau d’anémie sans carence en fer, sans carence en vitamines B9 ou B12, mais caractérisé par un taux d’hémoglobine au-dessous de la limite inférieure de la fourchette. Cliniquement, il s’installe une fatigue progressivement croissante, apparaissant - à la longue - au moindre effort et obligeant à restreindre les activités physiques et sportives. Psychologiquement, le risque est qu’apparaisse un syndrome dépressif.
Mais le plus grave est l’impossibilité actuelle d’accéder au seul traitement possible. L’érythropoïétine est aujourd’hui réservée aux seules personnes qui présentent une insuffisance rénale avancée. Elle est donc interdite aux transsexuelles porteuses d’une « simple anémie ». C’est donc un véritable drame pour celles qui en sont victimes, de se retrouver avec une baisse considérable de leurs fonctions vitales et par voie de conséquence, dans l’impossibilité de vivre légitimement le rêve pour lequel elles ont tout et tant sacrifié.
Il y a là sujet de mobilisation afin que ce type de traitement soit reconnu un jour prochain et pris en charge au titre de l’ALD (affection de longue durée) au même rang que la chirurgie de réassignation et le suivi endocrinologique, gynécologique et psychologique.

En dehors des bilans biologiques…

Pour les MtF, il est également nécessaire d’avoir un suivi gynécologique… car, comme femmes biologiques, elles sont exposées au cancer du sein et aux petits ennuis de la sphère vaginale : mycoses, sécheresse vaginale (notamment par manque de flore de Döderlein, la flore normale).
Il faut également, notamment à partir de 50 ans, parfois plutôt si existent des signes d’appel, surveiller la densité osseuse afin de traiter au plus vite une éventuelle ostéoporose. Une chance, depuis le 1er juillet 2006, l’ostéodensitométrie est remboursée…

Pour les FtM, l’ostéodensitométrie peut être également discutée en accord avec l’endocrinologue si, pendant l’enfance et l’adolescence, l’alimentation a été carencée en calcium, si la FtM est de race blanche et de morphologie svelte ou maigre, si elle était adepte des régimes, si…


Pourquoi ces bilans réguliers ?

Prendre des traitements hormonaux, et parfois dès la vingtaine d’années, expose à un certain nombre de complications aujourd’hui de mieux en mieux connues grâce au suivi des femmes ménopausées. Ce qu’en quelle sorte, nous sommes dès que nous sommes hormonées, et plus encore quand nous sommes opérées.

Ces complications sont nombreuses et donc à connaître, même si le risque est peu élevé quand nous sommes bien suivies :
• Cancer du sein, d’autant plus que la durée du traitement est longue (surtout au-dessus de 7 ans de traitement).
• Accidents circulatoires : phlébites de membres inférieurs, embolie pulmonaire et à moindre degré, infarctus du myocarde et accident vasculaire cérébral (surtout au cours de la 1ère année de traitement chez les femmes de 60 ans et plus). .
• Aggravation d’un diabète.
• Aggravation d’un trouble du cholestérol.
• Aggravation d’une pathologie hépatique.

A noter, enfin que le THS ne doit pas être prescrit en cas de tabagisme avéré.


Alors quelles hormones ?

Il existe aujourd’hui un débat passionné à propos de la détermination des meilleures hormones et des meilleures voies d’administration.
Le consensus qui tend à se faire en France tient à la synthèse de travaux portant sur de vastes cohortes, principalement américaines (2) et française (1), portant sur des femmes ménopausées. Du fait des pratiques différentes entre les USA et la France, il ressortirait - selon l’AFSSAPS (agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) - que le « THS à la française » serait plus sûr que les protocoles américains.
Il est vrai que ni les oestrogènes ni le progestatif utilisés en Amérique ne le sont plus dans la plupart des pays d’Europe. On leur préfère dans l’hexagone, le bêta oestradiol par voie transcutanée (ainsi la posologie quotidienne est divisée par 4 car on évite le passage par le foie et la dégradation de la plus grande partie du produit) et la progestérone micronisée (Utrogestan, Estima).
Je tiens cependant à modérer l’enthousiasme que cette expertise française suscite : Les experts de l’AFSSAPS qui y ont participé, sont pour la plupart, également conseillers de groupements d’intérêts économiques… A vous donc de juger.


En guise de conclusion

Ces quelques pages ne sont qu’un brouillon, le départ de ce que je voudrais une réflexion de toute notre communauté afin que le meilleur sorte pour nous comme pour nos soignants.

Naïma Nanda

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Être belle...

Posté le 24.12.2006 par naimananda
Être belle et bien dans sa peau, à quel prix ?
31 octobre 2006 Naima Nanda

Se faire belle ou tout simplement prendre soin de soi, de son corps, demande tout un apprentissage. L’information ne manque pas, elle est même trop abondante... A la télévision, certains flashes publicitaires vantent les vertus anti-âge de tel ou tel composant révolutionnaire... La jeunesse éternelle semble désormais à portée de la main... Les instituts de beauté rivalisent, chacun prônant une gamme de produits cosmétiques, toujours la meilleure par rapport à la concurrence. Quant aux « grandes surfaces » qui maintenant apparaissent, ils débordent de produits tous plus miraculeux les uns que les autres.

Être belle le plus longtemps possible, sentir le parfum, est devenu un canon de la femme moderne occidentale. Au-delà du besoin individuel de se sentir bien dans sa peau, la société occidentale a créé le mythe de l’éternelle jeunesse, elle a introduit dans l’esprit de très nombreuses femmes (et maintenant dans celui de certaines classes d’hommes) le leurre de l’éternelle capacité de séduction et par-là d’être aimé(e) pour son image.

Dans cet esprit, il apparaissait évident pour les consommatrices (et maintenant les consommateurs masculins) que les laboratoires et leurs chercheurs étaient tous animés par le désir et la volonté de produire les produits non seulement les plus efficaces mais aussi les plus sains. Ce que, malheureusement certains événements récents allaient contredire au point de déclencher des campagnes médiatiques mettant en accusation les cosmétiques issus des marques mondialement connues.

Après le scandale des déodorants corporels accusés de favoriser le cancer du sein, la revue « Que choisir ? » (n° 436 d’avril 2006) dénonçait la présence de trop d’ingrédients indésirables dans les produits de maquillage que ce soient des fonds de teint, des rouges à lèvres, des fards à paupières, des mascaras ou des démaquillants... (36 produits issus de 23 marques).

A ce propos, quelques chiffres sont signifiants :
- Au niveau des mascaras (5 produits testés), il a été retrouvé de 9 à 13 substances plus ou moins indésirables. Le pire des produits était de marque Nivéa.
- Au niveau des mascaras (5 produits testés), il a été retrouvé de 6 à 18 substances plus ou moins indésirables. Le pire des produits était de marque Gemey.
- Au niveau des rouges à lèvres (5 produits testés), il a été retrouvé de 3 à 20 substances plus ou moins indésirables. Le pire des produits était de marque Gemey.
- Au niveau des fonds de teint (6 produits testés), il a été retrouvé de 1 à 21 substances plus ou moins indésirables. Le pire des produits était de marque Dior.
- Au niveau des laits démaquillants (6 produits testés), il a été retrouvé de 0 à 10 substances plus ou moins indésirables. Le pire des produits était de marque Lancôme.
- Quant aux meilleurs scores (entre 0 et 3) ils sont tous le fait de marques « bio » : Lavera, Sanoflore et Logona.

Et certaines images d’Epinal bien dépassées :
- Le rouge à lèvres Yves Rocher, marque qui se veut naturelle, contient pas moins de 18 de ces substances !...

Mais bien avant ces scandales hexagonaux, Rita STIENS, journaliste allemande, avait déjà alerté l’opinion internationale en publiant dès 1998 une enquête très documentée sous forme d’un gros livre intitulé « La vérité sur les cosmétiques », titre qui fait encore à ce jour référence.

Partons pour une revue rapide de ces différentes catégories de produits

Les cosmétiques

Aujourd’hui, nombre de composants entrant dans leur composition sont reconnus avoir des effets toxiques avérés ou fortement suspectés. Car, il est malheureusement vrai qu’à ce jour, les connaissances à propos de tous ces produits de synthèse est encore très fragmentaire et insuffisant, et cela pour une raison particulière : La législation si sévère vis-à-vis des médicaments a été jusqu’ici très laxiste vis-à-vis des produits de beauté. Pourquoi une telle disparité ?

Parmi les produits aujourd’hui reconnus toxiques ou fortement suspects, sont à retenir :

- L’acetanilid utilisé dans la fabrication des parfums et considéré douteux sur le plan toxicologique.
- L’aluminium utilisé comme déodorant, expose à des réactions cutanées de type inflammatoire, à des phénomènes de stockage à la longue suspectés d’être à l’origine de certaines maladies neuro-dégénératives.
- Certains conservateurs (dont le cetylpyridinium chloride, le laureth, le phényl mercuric acétate/borate et le triclosan) utilisés afin d’assurer la stabilité des produits dans le temps mais toxiques par leur teneur en mercure.
- Les huiles minérales, résidus issus de la distillation du pétrole (dont le ceresin wax, l’ozokerite, le parafinum liquidum ou huile de paraffine, le petrolatum connu sous le nom de vaseline...) utilisés comme excipients de très nombreux produits mais qui sont incompatibles avec la peau...
- Les PEG ou polyéthylènes glycols, issus des gaz de combat, fréquemment utilisés pour entrer dans la composition des produits d’hygiène et de cosmétologie mais qui sont à la fois allergisants et soupçonnés d’être cancérigènes.
- Les solvants (dont la toluène et le xylène) reconnus cancérigènes...

Les désodorisants

La plupart des produits proposés par l’industrie contiennent une association d’anti-transpirants, de désodorisants et de conservateurs (le plus souvent, le parabène [parahydroxy-benzoate] et le chlorhydrate d’aluminium).

La transpiration permet l’élimination des toxines, notamment au niveau de la région des plis : derrière les oreilles, les aisselles, l’entrejambe et derrière les genoux.

En cas d’usage de produits désodorisants, la transpiration est stoppée au niveau des aisselles, les toxines ne peuvent donc plus être éliminées à ce niveau et sont stockées dans les ganglions lymphatiques, région où est localisée la plupart des cancers mammaires !...

Bien que l’usage de ces produits se généralise aussi chez les hommes, le risque reste moindre chez eux du fait qu’ils ne se rasent pas à ce niveau et que, par ce fait, le produit n’est pas appliqué directement à même la peau. Le risque est augmenté chez la femme si celle-ci s’applique ce genre de produits immédiatement après le rasage car les moindres blessures facilitent la pénétration des produits toxiques dans la peau.

Les produits solaires

Les produits solaires du grand commerce sont essentiellement des produits de synthèse.

Cette gamme de produits contient des substances « œstrogène like » capables de passer la barrière cutanée et d’avoir des effets systémiques, notamment au niveau des récepteurs hormonaux, notamment aux oestrogènes et aux androgènes.1 Des traces de ces produits sont retrouvées dans les différents tissus graisseux de l’organisme, en particulier dans le lait maternel... Ainsi, le développement et le fonctionnement des organes reproducteurs serait-il sérieusement menacé. Depuis quelques décennies est observée une augmentation rapide de phénomènes anormaux :

- Chute de la spermatogenèse.
- Apparition des premiers signes de la puberté féminine dès l’âge de 8 ans chez près de 15% des fillettes, avec pour conséquence possible une perte en taille pouvant atteindre 15 centimètres...

Certes, les produits solaires ne sont pas les seuls responsables de ces perturbations hormonales, mais il est sûr qu’ils y participent.

Ces produits - dont la présence a été retrouvée - dans le lait maternel, ont donc des conséquences à long terme quasiment inconnues.

Selon les travaux de Margret SCHLUMPF (institut de pharmacologie et de toxicologie de Zürich), la toxicité chez l’homme serait certaine : effets xéno- oestrogènes sur des tests in vitro (cultures de cellules MCF-7) et in vivo.1 Cette gamme de produits expose aux risques d’allergies Sur les 26 molécules autorisées au sein de l’Europe, certaines sont reconnues allergisantes, notamment l’oxybenzone (ou benzophénone-3) dont la présence doit obligatoirement être signalée sur l’emballage.

Parmi ces substances, figurent :
- Le 4-MBC (4-méthyl-benzilidencamphor) interdit au Danemark (tant les soupçons de toxicité qui pèsent sur lui sont importants.) mais non suspecté en France d’un quelconque pouvoir toxique.
- L’oxybenzone (benzophénone-3) aux pouvoirs irritant et allergisant.

Conseils

- Remarque préliminaire : Déchiffrer les étiquettes de ces produits est impossible pour l’usager ordinaire tant sont utilisés des noms latins et des numéros. Alors il vaut mieux utiliser des produits naturels et issus de culture biologique.
- Pour ce qui est des écrans solaires, rechercher ceux qui sont à base de dioxyde de titane, substance chimiquement inactive.

Bibliographie sérieuse

Livres

- COHEN Myriam ++ « Tout savoir sur vos produits de beauté : Le guide des cosmétiques » Editions Flammarion, 2006. 19,90 Euro.

- DEMANGE Eve et GHESQUIERE Anne +++ Le guide des cosmétiques bio Editions Vigot, 2006. 20 Euro.

CF la revue « Newscientist » du 18.04.2001 ;
CF le site Internet www.mediadesk.unizh.ch/2001/0198

STIENS Rita ++ « La vérité sur les cosmétiques » Leduc éditions, 2005. 23 Euro.

Revues

« Que choisir », n° 436 d’avril 2006, pp. 16-22. +++ Maquillage : Trop d’ingrédients indésirables. 36 produits à la loupe : fonds de teint, rouges à lèvres, fards à paupières, mascaras, démaquillants.

« Natur’elle », revue des laboratoires Phyt’s, n°1 du 3ème trimestre 2004, pp. 4-6. +

Bibliographie pour le plaisir

CLERGEAUD Chantal ++ « Votre beauté au naturel : Comment préparer vous-même tous vos produits de beauté. » Editions Dangles, 2002. 18 Euro.

GAUTHIER Marie-Bénédictine et AÏACHE Véronique ++ « Secrets et rituels de beauté du monde entier » France Loisirs, 2005.

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La prise d'hormones

Posté le 24.12.2006 par naimananda
LA PRISE D’ HORMONES
9 mars 2006 Naima Nanda

Note du collectif : Les produits et applications inscrites dans ce texte écrit par une médecin ne peuvent être prescrits que sur ordonnance après examens biologiques complets. L’utilisation sauvage, hors suivi endocrinologique est tout simplement suicidaire. Nous vous informons pour mieux comprendre les processus et éviter les erreurs.

Les traitements à visée hormonale

Avant tout, une notion essentielle

Les substances que nous allons aborder sont pour l’essentiel des produits de synthèse, donc des éléments étrangers à notre organisme. Elles sont parfois plus ou moins bien tolérées parce que l’organisme humain ne possède pas toujours les enzymes nécessaires à leur métabolisation. Et même quand ces enzymes sont présentes, elles peuvent exister sous plusieurs formes, dites variantes, l’une pouvant être efficace, la seconde moins, une troisième pas du tout.

De plus, les effets secondaires de ces substances ne sont pas encore tous connus car il faut au moins 20 ans de commercialisation pour en avoir une idée assez précise.

Aussi, est-il capital pour notre communauté de prendre ces produits avec un maximum de sécurité afin de vivre notre nouvelle vie à son meilleur niveau et aussi longtemps que possible. Même si l’information qui suit est parfois assez complexe, elle mérite d’être approfondie car il en va de notre santé.

Les principes de l’hormonothérapie au cours du processus de réassignation sexuelle

Deux classes de médicaments sont utilisées :

o Les freinateurs de la sécrétion hormonale habituelle

o L’opothérapie substitutive (la prescription d’hormones)

Nous envisagerons ces deux classes selon le sexe désiré

o Pour les MtF

La première phase est de diminuer considérablement l’action des androgènes.

Il y a plusieurs façons d’y parvenir, en voici quelques-unes :

· Inhiber la sécrétion des androgènes.

· Augmenter leur catabolisme, essentiellement au niveau hépatique.

· Inhiber l’action de l’aromatase, enzyme qui transforme de l’oestradiol en testostérone.

· Inhiber l’action de la 5-alpha-réductase, enzyme qui transforme la testostérone en DHT hydrotestostérone), son métabolite actif.

· Elever le taux de la SHBG , une protéine qui en se liant avec la testostérone diminue la forme libre qui est seule active.

· Empêcher que la DHT atteigne ses récepteurs spécifiques situés à la surface de certaines cellules, dites cellules cibles.

Les substances susceptibles d’être utilisées sont les suivantes :

· L’acétate de cyprotérone (Androcur et ses génériques) qui inhibe la 5-alpha-réductase accélère le métabolisme des androgènes par le foie et freine également et fortement l’activité gonadotrope de l’antéhypophyse. La posologie admise est de 100 mg/j à laquelle la tolérance est bonne, n’exposant pas comme les doses supérieures à une prise de poids, à une fatigue plus ou moins intense voire un ictère .

· La spironolactone, (Aldactone et ses génériques) l’un des premières molécules anti-androgènes utilisées, bien tolérée mais moins efficace. Si la gynécomastie est relativement fréquente (fonction à la fois de la dose journalière et de la durée du traitement), les autres effets recherchés sont nettement moins fréquents, l’impuissance notamment.

· Le flutamide (Eulexine et génériques) qui bloque les récepteurs aux androgènes et qui semble dénué d’effet nocif véritable. Il peut induire une certaine gynécomastie et/ou sensibilité mammaire. Dose recommandée : 250 mg/j.

· Le nitulamide (Anandron) qui agit de la même façon. Il est reconnu pour induire impuissance, baisse de la libido, gynécomastie mais aussi bouffées de chaleur et alopécie ainsi que des signes biologiques d’inflammation du foie (augmentation des transaminases). Présenté aux posologies de 50 mg et 150 mg par comprimé, il est préconisé dans le domaine qui nous concerne à 50 mg/j. Les effets oui, mais pas les inconvénients.

· Le finastéride (Chibro-Proscar dosé à 5 mg / Propecia dosé à 1 mg) qui agit en inhibant l’action de la 5-alpha-réductase. A la dose de 5 mg/j, il induit par ordre de fréquence décroissante : impuissance, diminution de la libido, gynécomastie, sensibilité mammaire, douleurs testiculaires, somnolence.

Les effets recherchés par la prise de ces produits sont en fait leurs effets secondaires car la prescription habituelle de ces molécules est tout autre : cancer ou hypertrophie bénigne (adénome) de la prostate, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, syndrome néphrotique...

Ces effets secondaires sont parfois peu fréquents comme ceux du finastéride, guère plus élevés que ceux générés par un placebo : Les résultats de deux études ayant duré 4 ans (études PLESS et MTOPS) ont chiffré la fréquence de ces effets secondaires en les comparant notamment à un placebo :

Sous finastéride Sous placebo Impuissance 16,1% (P)18,5% (M) 10,4% (P)12,2% (M) Baisse de libido 10% 5,7% Gynécomastie 2,2% 0,7% (P) : Selon l’étude PLESS - (M) : Selon l’étude MTOPS

En pratique, seul l’acétate de cyprotérone (Androcur) apparaît capable de satisfaire nos besoins. Il permet de revenir à un état proche de l’avant puberté : diminution de volume de la verge, de la pilosité, réduction de la libido et du nombre d’érections.

La seconde étape est la prise d’oestrogènes en association avec l’Androcur.Leur action est au moins triple : · Action féminisante et la plus évidente !

· Action anti-androgène par augmentation de la synthèse de la SHBG et par voie de conséquence, diminution de la fraction libre de testostérone.

· Action antigonadotrope.

Les formes disponibles sont :

· L’oestradiol naturel (17-bêta-oestradiol) qui existe sous forme de comprimés et de gels percutanés. La forme locale est préférable du fait que ne passant pas par le foie, elle nécessite des doses 4 fois inférieures à la forme buccale. Elle présente donc une meilleure tolérance, ce qui est intéressant surtout à long terme.

· L’éthynil-oestradiol qui est à déconseiller du fait de la possibilité de la survenue soit d’accidents de phlébites et d’embolies d’une part soit d’un cancer du foie.

Dans la majorité des cas, l’association ce l’acétate de cyprotérone et de 17-bêta-oestradiol suffit. Dans les cas résistants, est alors jointe une troisième molécule, la triptoréline (Décapeptyl), un analogue de la GnRH , voire une quatrième, la flutamide ou la nitulamide.

o Pour les FtM

La première étape est d’obtenir le retour à l’état prépubère.

C’est le temps de l’acétate de cyprotérone qui, par son action antigonadotrope puissante, supprime les règles et réduit le volume mammaire.

La seconde étape est la prise d’un androgène après arrêt de l’acétate de cyprotérone.

Les androgènes agissent sur le récepteur aux androgènes et induisent le développement des caractères sexuels secondaires masculins : barbe, poils, peau moins soyeuse.

La testostérone est disponible sous trois formes :

· Orale : Pantéstone, comprimés dosés à 40 mg.

· Retard : Androtardyl, une injection intramusculaire de 250 mg deux fois par mois.

· Transcutanée : Androgel, sachets dosés à 25 ou 50 mg.

La dé-hydro-testostérone (DHT) ou androstanolone (Andractim, tube de gel gradué) présente l’avantage par rapport aux formes précédentes de ne pouvoir être dégradée en œstrogène par l’organisme. Elle n’expose donc pas la femme non opérée au risque de cancer de l’endomètre.

Références

o Actualités Innovations Médecine, n° 106 de mai 2005, pp. 25 à 30.

POUR TOUTES VOS QUESTIONS UN FORUM EST OUVERT NOUS ESSAYERONS DE VOUS REPONDRE AU MIEUX

o Dictionnaire Vidal.

Naïma Nanda


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