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Nom du blog :
naimananda
Description du blog :
Le parcours de Naïma, et plus particulièrement à partir de la CRS en Thaïlande le 15 janvier 2007
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
20.12.2006
Dernière mise à jour :
21.06.2007
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Un pari impossible Impossible avez vous dit

Le temps fait son oeuvre

Posté le 02.05.2007 par naimananda
Il y a trois semaines de cela, je me suis étonnée de ne plus rien ressentir de la souffrance psychologique que je vivais au quotidien tout au long des 2002 à 2006… J’ai même tenté de retrouver le contact, de toutes mes forces… En vain… Et c’est fort aise ! Mais c’était tellement incroyable… J’avais de la peine à m’en convaincre.
Partageant cela avec une amie, celle-ci osa la comparaison suivante : Une femme souffre parfois énormément pendant le travail, puis ne s’en souvient plus quelques heures plus tard quand elle serre son nouveau-né dans ses bras. J’ai trouvé qu’il y avait un certain rapprochement possible entre ces deux situations.

Par ailleurs, ma femme va également sensiblement mieux.

Je crois que nous avons pris les meilleures décisions qui pouvaient se prendre, sinon l’une ou l’autre OU l’une et l’autre, nous serions tombées malade. Nous avons donc chacune sauvé notre peau.

Reste la séparation à laquelle nous avons été condamnées de nous résoudre. Je ne sais comment elle la vit… Pour ma part, il me faudra encore attendre pour pouvoir penser à elle ou la rencontrer sans être bouleversée.




--

Tout choix est une révolution…

Posté le 07.03.2007 par naimananda



Tout choix est une révolution : Des repères sont jetés à bas, d’autres érigés à leur place.
Qu’on soit l’initiateur de ce choix ou qu’on le subisse, une grande partie des conséquences nous sont inconnues. Et, paradoxalement, leur acceptation est certainement plus difficile de la part du premier que du second car, en prenant sa décision, l’initiateur minimise toujours le prix qu’il aura à payer s’il ne le refuse pas d’emblée.

J’en fais aujourd’hui l’expérience.

Un ami m’a dit récemment :
« Je t’admire, remettre tout en cause, ton identité, ton couple, ton travail, ton lieu de vie, il faut être courageux pour faire cela ! Et en plus, c’est la deuxième fois que tu le fais, chapeau ! »
Je n’ai rien répondu. Je ne me sentais pas fière, bien au contraire. Je prenais conscience plutôt de la force incroyable qu’est capable de développer le sentiment de mal-être intérieur quand il parvient aux limites du tolérable.
Quand on me demande : « Es-tu sûre d’avoir pris la bonne décision ? », je ne peux répondre ni par « Oui ! », ni par « Non ! » car d’une part je ne me suis jamais sentie aussi bien dans mon corps, et ce malgré les névralgies, et d’autre part j’en paie le prix, exorbitant : J’ai perdu la femme que j’aimais.

Ce que j’écris aujourd’hui n’est pas une découverte récente, je le savais avant même de quitter la France. Quelques jours avant d’embarquer, j’ai fortement envisagé de renoncer. Seule la certitude intérieure de la rechute me fit garder le cap : Combien de temps tiendrai-je ? Quelle en serait alors l’issue ? Le spectre du suicide s’était fait encore plus terrible.

Ce qui est aujourd’hui le plus douloureux, c’est de prendre conscience que j’ai toujours gardé l’espoir infantile que le miracle se ferait. « Il y a trop d’amour entre nous, tant de complicité, tant d’aspirations commune, Christiane… » Horrible virus que cette croyance qui ne prend en compte que mes besoins et nie ceux de celle que je disais aimer.

Une amie très chère à qui je me confiais, me répondit du haut de la sagesse de ses 30 ans de moins que moi :
« Tout choix est un renoncement. Aimer ce n'est pas vouloir l'autre, mais vouloir son bonheur… »
Imparable… Mais serai-je capable de renoncer ?




Pour le meilleur et pour le pire…

Posté le 28.01.2007 par naimananda




Qu’un couple se forme, qu’il le soit par voie officielle (mairie) ou non (union libre), il se soumet consciemment ou non, à cette célèbre injonction :
« Maintenant, vous êtes liés par les liens sacrés du mariage, pour le meilleur et pour le pire… »

Mon propos ne se veut pas provocateur mais réaliste… Tristement réaliste. Si le mot mariage vous indispose, remplacez-le par « union librement choisie ».


Lorsqu’une femme et un homme décident de vivre ensemble, qu’est-ce qui les poussent à le faire ?
Sur quelles croyances fondent-ils leur confiance (plus ou moins grande certes) sur l’avenir de leur union ?

C’est à cela que j’ai été amenée à réfléchir au fil des trois dernières années de ma vie conjugale, tant j’ai vu changer les paramètres qui avaient présidé à notre vie en couple puis à notre mariage… Sans pour cela que l’intensité des sentiments réciproques en soit affectée.

Quand soudain sur le fleuve tranquille que nous nous étions imaginé que serait notre vie commune, l’un ou l’autre des partenaires identifie puis exprime un besoin qu’il avait jusqu’ici délaissé, voire renié, que se passe-t-il au sein de la relation affective ?
C’est une situation que tout connaît à un moment ou un autre, déterminée souvent par les phénomènes extérieurs, mais parfois par une simple prise de conscience.
Quelques exemples :
1. Une femme quand elle a fini d’élever ses enfants, désire souvent trouver un travail ou reprendre ses études. Comment son mari réagit-il à cette demande légitime ?
2. Quand une femme qui n’aime pas un des traits de son visage ou qui désire se faire faire un lifting, exprime ce désir à son compagnon, comment celui-ci l’accepte-t-il ?
3. Quand un homme, las de faire un métier rémunérateur qui ne l’intéresse pas, décide de se mettre au vert et de vivre à un rythme moins effréné, comment son épouse réagit à la baisse de revenus que cela implique ?
Toutes situations capables de remettre en cause la pérennité du couple, que celui-ci soit un mariage ou une union libre.

Vouloir « soudainement » changer de sexe n’est en fait que l’expression extrême, « caricaturale », de ce défi qui est fait au couple quant à la solidité de son lien, quant à la sincérité et à la profondeur des sentiments jusque-là affichés…


Qu’est-ce qui fait donc que soudainement le couple soit ébranlé quand un de ses membres vient exprimer à son partenaire un besoin légitime ? Un désir sincère ?

Quand je me réfère à mes relations affectives successives, j’y trouve un point commun… A chaque fois que j’ai décidé de me mettre en couple (trois fois dont deux scellées par les liens du mariage), une partie de moi a cru que le bien-être que je vivais alors avec cette personne allait durer le reste de ma vie… « Cette fois, c’est la bonne ! » Et, au pire, si une épreuve arrivait - la maladie, un accident (pas trop grave) - je croyais disposer en moi de toutes les forces nécessaires pour la surmonter facilement !...
En fiction et réalité, il y a parfois un gouffre ! Et la réalité dépasse souvent la fiction.

Quand il y a un peu plus de trois ans, ma femme actuelle m’a exprimé son désir de se faire souligner les lèvres de façon indélébile, j’ai été soudainement confrontée à des émotions, des pensées qui m’ont surprise mais qui existaient bien en moi… Je ne voulais pas qu’elle change de visage, je me suis sentie trahie alors qu’elle attendait que je la soutienne dans sa démarche…
J’ai appris là beaucoup sur moi, combien je pouvais empêcher l’autre de vivre ses envies (que ce soit ses désirs futiles, ses besoins essentiels ou ses aspirations profondes) par mon désir que tout soit comme toujours cela avait été. Je rêvais d’un monde immobile, immuable, pétrifié. J’empêchais ma compagne de vivre librement, je l’enfermais dans la prison de mes illusions.

Cela au même moment que je commençais à exprimer de plus en plus clairement mon désir de changement de sexe…
Je me suis aussitôt demandé comment au fond d’elle-même, ma femme réagissait… Malgré de nombreuses conversations sur le sujet, je ne sais aujourd’hui répondre de façon certaine…

Avide d’une réponse, j’observais dans le même temps des couples que je savais engagés dans cette même épreuve de vérité. Et découvrais que ces couples autant que le mien, étaient prisonniers d’une alternative qui ne proposait que des choix insatisfaisants :
« Ou bien je satisfais mon envie (désir, besoin, aspiration) et c’est la fin de ma relation avec mon partenaire, ou bien je privilégie ma relation avec lui mais je sais qu’en ne satisfaisant pas mon envie, je vais nourrir en moi un sentiment de frustration qui peut me conduire à la dépression, à la maladie voire la mort elle-même… »

Je trouvais cela injuste. Je ne pouvais me résoudre à croire que la vie, dans sa générosité si évidente tout autour de moi, puisse sur ce point être si limitative.
Me vint alors l’idée que cette façon de considérer les choses était la façon ordinaire de les appréhender. Ne dit-on pas souvent, sans en saisir la force contraignante des mots :
« On ne peut pas tout avoir ! »

Et soudain, je vis où était la confusion.
S’il est vrai que toute chose a un prix, ce prix n’est pas toujours celui que notre fatalisme veut bien lui attribuer !...

Et si, en place et lieu du « Choix du Diable » (C’est ainsi que je nomme désormais la façon ordinaire de considérer les choses), je recherchais à atteindre ce que je pourrais appeler le « Choix de Dieu » (ou « Choix de la Vie » selon vos croyances) et qui pourrait s’énoncer comme suit :
« Et j’écoute mes besoins profonds et je fais tout pour conserver et même conforter le lien affectif auquel je tiens au moins autant… en souhaitant donner l’envie à ma/mon partenaire de découvrir ensemble de nouveaux horizons, libérés des souffrances ordinaires… »
Dès cet instant, j’ai beaucoup réfléchi à ce qu’impliquait cette voie hors de l’ordinaire car je crois que c’est la seule qui soit capable de préserver, et la satisfaction des besoins des individus, et la satisfaction des besoins du couple.
Cette solution engage évidemment les deux partenaires. Elle les oblige à avoir pour projet commun de changer leur regard sur l’autre, à quitter leurs exigences envers lui et à ne plus vouloir que son bonheur.

Reste toujours une inconnue : Quand l’un des membres est prêt à une telle mutation de son couple (Choix de la Vie), son autre membre en comprendra-t-il l’urgence ou restera-t-il piégé par la façon ordinaire de considérer les choses (Choix du Diable) ?
De la qualité de cette réponse dépend bien évidemment l’avenir de la relation…









Un pari impossible

Posté le 23.01.2007 par naimananda



Une partie de moi n’accepte pas la séparation d’avec ma femme pour qui mes sentiments non seulement ne se sont pas affaiblis, mais se sont encore renforcés. Et ce ne sont pas les kilomètres qui vont bientôt nous séparer qui vont affaiblir l’intensité de mon amour pour elle.
D’autre part, je suis intimement convaincue que les sentiments de ma femme envers moi se sont également intensifiés dans les mêmes proportions…

Effectivement, au cours de ces derniers mois de vie commune, et plus encore lors de nos tous derniers moments ensemble, nous avons toutes deux, sans rien décider en commun, fait en sorte que chacun de ces instants soit précieux.
Une comparaison me venait souvent alors à l’esprit, celle des instants passés auprès d’une personne mourante, ces instants où l’être humain fait enfin la différence entre les choses superficielles et celles qui sont profondes, essentielles, et décide en conséquence, de faire ce qu’il y a à faire instant après instant, afin de ne pas avoir de regrets quand il ne lui sera plus possible de le faire.

A ce point de développement de mon raisonnement, certains ne peuvent s’empêcher de m’interrompre pour me demander :
« Question de cohérence : Pourquoi alors tenir autant à avoir un sexe féminin aussi ressemblant, et surtout aussi performant (du fait de la sensibilité conservée) que celui des femmes biologiques, car c’est bien une des raisons principales qui vous a conduite à faire le choix d’un chirurgien thaïlandais ? »
C’est cette même question que se posent nombre de chirurgiens français.
C’est ignorer un aspect particulier de l’identité trans-identitaire…
Pour moi, comme pour un certain nombre de « MtF » (male to female, homme décidé à devenir femme) que je connais, l’essentiel n’est pas d’accéder à la sexualité de l’autre versant humain, mais d’être au plus près de l’anatomie et de la physiologie féminines, condition sans laquelle le sentiment de se sentir « pleinement femme » ne peut être réellement comblé.

Je suis donc dégagée des pulsions sexuelles et portée par le sentiment d’amour pour celle avec laquelle je vivais depuis dix ans.
Aussi, suis-je déterminée à tout faire pour que notre relation revive sur un autre mode, je n’en sais encore les termes, mais un mode au-delà des repères habituels de ce monde dual…
Aussi me suis-je donné un défi : Parvenir à revivre ensemble sous un même toit. Pari que bon nombre parmi mon entourage ont de suite qualifié d’irréalisable, d’irrationnel, « aveu malgré moi de mon incapacité à faire le deuil »...
Peut-être ont-ils raison, mais je ferai tout pour leur donner tort, non parce que je désire avoir raison à tout prix, mais parce que je considère que l’être humain se résigne souvent trop vite : Combien d’entre nous renoncent à une partie de leurs aspirations en lançant - espérant trouver peut-être en cela une justification à leur décision - cette phrase tant entendue, trop répétée, au point de vouloir en faire une évidence :
« On ne peut pas tout avoir !... »
Je ne crois pas à l’alternative suivante :
« Ou j’obtiens cela, mais je perds ceci ou je décide de garder ceci, mais je sais que jamais je n’aurais cela… »
Véritable choix du diable au cours duquel aucune des propositions n’est pleinement satisfaisante.
Il y a dans cette formulation le refus de se dépasser, de puiser en soi des forces ignorées mais bien présentes sans lesquelles il n’est pas possible de créer de nouvelles conditions de sorte qu’il devienne possible de dire :
« Non seulement j’accède à cela, mais je conserve ceci. »
Ces forces s’appellent désir d’évoluer à un niveau meilleur de soi-même, courage (agir avec le cœur), volonté inébranlable d’atteindre le but fixé.
Aujourd’hui, ces forces m’animent. Aussi suis-je en mesure de croire que l’impossible d’aujourd’hui soit le possible de demain.


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