Vers une autre vie pleine d inconnu et de joie
Posté le 23.01.2007 par naimananda
Bangkok, un chantier immense, lieu de toutes les pollutions
Il n’est pas possible de me brancher sur Internet depuis ma chambre d’hôtel que je suis de retrouver vendredi soir après l’examen post-chirurgical : Je ne dispose pas d’un mot de passe nécessaire. Ces lignes que vous lisez actuellement, il y a donc déjà quelques jours que je les ai tracées sur l’écran de mon ordinateur.
Le jour de l’opération a vraiment été un jour très spécial.
Prête bien avant 08H30, heure du rendez-vous en bas de l’hôtel avec le chauffeur du chirurgien, je laissais mes valises dans le halle et allais m’asseoir sur un des bancs à l’extérieur. Un vieux Thaï, assis sur le banc voisin, reniflant en moi une « trans » - pas difficile, les deux derniers étages leur sont réservés - s’est levé manifestant un air désapprobateur et partit s’asseoir deux bancs plus loin et de là, ne cessa de me surveiller du coin de l’œil jusqu’à ce que la voiture attendue arrive.
L’arrivée à l’hôpital PIYAVATE est déroutante tant par l’environnement que par la conception même de l’édifice. Planté au milieu de terrains vagues où poussent des arbres fruitiers à l’état sauvage, à moins de 100 mètres d’une autoroute intra-urbaine, il dresse fièrement ses 24 niveaux comme une fusée sur le pas de tir, peu avant son décollage. Seuls son chapiteau vert et une croix de même couleur sur chacune de ses faces rappellent qu’il s’agit d’un endroit d’investigations et de soins et non d’un endroit futuriste.
Accompagnée par un nombre de petits personnels jusqu’au bureau d’enregistrement, j’ai eu le temps d’admirer le hall tellement immense en étendue qu’en hauteur que je doutais un instant d’être arrivée à bonne destination : Etait-ce vraiment un hôpital (et c’était alors le plus confortable que j’ai jamais vu de ma vie !) ? Ou un palace 7 étoiles ou l’entrée d’un muséum prestigieux ?
La secrétaire me ramena rapidement à la réalité.
« Votre passeport, s’il vous plaît ! »
« Hm, je l’ai laissé dans mes valises et je ne sais pas où elles sont passées. Quelqu’un les a déjà emportées… »
Silence gêné de part et d’autre jusqu’à ce que je me rappelle que j’avais sur moi une photocopie couleur du précieux document… Tout s’arrangeait.
Après un sourire à la webcam, je vis mon visage apparaître sur l’écran d’ordinateur où s’étalaient toutes mes coordonnées administratives. La première étape était finie. Je m’installais confortablement dans un des très nombreux fauteuils dans l’attente qu’une - aide-soignante ? - vienne me chercher et m’emmener deux niveaux plus haut dans le service de chirurgie plastique. Rassemblement des documents administratifs et médicaux puis pesée et mensuration
« Ah, j’ai au moins perdu 2 kilos depuis que je suis arrivée ici, c’est bon signe ! »
« 1,72 mètre ! »
« Oh là, comment s’y est-elle pris, je n’ai pas perdu 4 centimètres en quelques mois ! »
Puis nouvelle attente dans un des nombreux fauteuils avant qu’une nouvelle - aide-soignante ? - vienne me chercher et m’emmener huit niveaux plus haut dans le service de chirurgie à proprement parler.
« Voilà votre chambre. Je viendrai à 11 heures, vous prendrez une douche et je vous raserai… A tout à l’heure. »
Je m’empressai de quitter la pièce et allais rejoindre, quelques mètres plus loin, Stéphanie, opérée deux jours plus tôt. Elle avait presque passé le jour précédent à vomir, je la trouvais reposée et bien plus féminine qu’avant même l’intervention. Je lui en fis part sans pourtant pouvoir justifier mon jugement d’aucune façon. Peut-être le fait qu’elle se sache désormais aussi complète qu’elle pouvait l’être s’intégrait-il en elle et la transformait-il aussi radicalement. Elle rayonnait d’une beauté intérieure que je ne lui connaissais pas auparavant.
Un peu plus tard, elle me un cadeau inattendu, elle me montra son entrejambe. Bien qu’étroitement serré dans un film transparent, je pouvais observer le résultat concluant de l’intervention, au-delà même de ce que je savais à partir des documents photographiques circulants sur Internet.
Onze heures. Je regagnais ma chambre et cédais au protocole… Quelques minutes plus tard, je me retrouvais vêtue d’une élégante chemise d’un bleu pervenche, une perfusion branchée sur le dos de ma main gauche, allongée entre les barrières du lit, où dès le lendemain, j’allais être soumise, comme toutes celles qui m’ont ici précédée, au supplice de la pendule ensorcelée.
Mais, je ne pensais pas au lendemain, j’étais heureuse d’être là, d’en être là, au seuil de cette nouvelle vie à laquelle depuis si longtemps j’aspirais et rien, j’en étais maintenant absolument sûre, ne pouvait s’y opposer.
Curieusement aux jours derniers, depuis le réveil, j’étais habitée par un sentiment étrange de tranquillité intérieure, je me sentais à ma place, au bon endroit, au bon moment. Envolées les craintes en tout genre des derniers jours.
Comme dans chaque chambre de ce service, une pendule murale fait face au lit. Le temps s’y égrène curieusement d’une façon étrangement lente : Le temps est suspendu, chaque seconde prend un air d’éternité. Prévenue du phénomène, je m’efforçais de garder les yeux fermés et de faire le vide dans ma tête afin d’y accueillir, si j’atteignais le niveau nécessaire, un état intérieur hors du commun. Malgré tous mes efforts pendant près de deux heures, des scénarios issus de je ne sais quelles parties de mon inconscient se succédèrent, ne laissant que l’espace de quelques secondes de silence entre eux. Epuisée, je sombrais dans le sommeil.
« Naïma, réveillez-vous, c’est le temps d’y aller ! »
J’ouvrais péniblement les yeux, la chambre était remplie de personnels soignants. Changement de lit, transport à travers un dédale de couloir, puis descente au bloc opératoire situé au deuxième niveau. Une fourmilière tant de personnes se croisaient, chacune occupée à une tâche précise.
« Bonjour, je m’appelle … (un nom impossible à retenir), je suis votre anesthésiste. Comment allez-vous ? »
« En paix. »
« Super ! Nous allons attendre que le Dr Chettawut arrive et je viendrai vous faire la piqûre puis vous ne sentirez plus rien. Reposez-vous en attendant. »
Je refermais les yeux.
Quand je les rouvrais, c’était gentiment secouée :
« Hello, Naïma, c’est fini ! »
Trois soignants m’offraient leur plus large sourire. J’avais regagné ma chambre !
« Quelle heure est-il ? »
« Deux heures et demi ! Rendormez-vous, tout s’est bien passé, nous reviendrons demain vous voir… »
Je ne tardais pas à sombrer à nouveau dans l’inconscience, quelque peu frustrée de ne pas avoir été présente au moment de la mise sous anesthésie générale.
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Posté le 14.01.2007 par naimananda
Depuis hier soir, je suis entrée vraiment dans le processus opératoire…
Après deux jours d’un régime sans résidu, je suis passée depuis ce matin au régime totalement liquide, juste pour équilibrer les pertes que les deux comprimés de laxatif hier soir, le mini-lavement ce matin et la « boisson » évacuatrice de cet après-midi ont générées et vont continuer de générer tout au long de cette journée.
Jambes de coton, il n’est plus question pour moi de faire la fière, de m’écarter de trop de la chambre ou d’un endroit muni de toilettes. Mais je reste toujours aussi impatiente de prendre mon tour dans la salle d’opération de Chet…
Demain départ pour l’hôpital vers 08H30, un chauffeur viendra me chercher et m’emmener à l’hôpital Pivayate (hôpital privé, considéré comme un des meilleurs au monde). Après une dernière prise de sang, il me faudra attendre - sans boire ! - jusqu’à 15 voire 17 heures. J’ai décidé de m’emporter un livre assez épais et intéressant afin de ne pas regarder ma montre toutes les cinq minutes…
Après… Après ?
Là, il me faudra attendre quelques jours pour reprendre le clavier et continuer ce récit. Je souhaite que tout se passe pour moi aussi bien que cela s’est passé pour toutes celles qui m’ont précédée ici…
Le malheur d’être médecin, c’est bien d’en avoir vu, trop vu, ce qui m’a conduit à conclure que l’imprévu existera toujours - et quel que soit le nom que je lui donne, fatalité, destin - qu’il peut être à l’origine d’un changement de vie, chargé de nouvelles et lourdes épreuves.
Je ne parviens pas à me délivrer totalement de ce train de pensées : Je trouverais ça trop injuste si un accident m’arrivait...
Posté le 13.01.2007 par naimananda
Bien arrivée hier matin à l'Hötel où le Dr Chettawut a obtenu pour ses clientes d'importantes réductions (la chambre à 20 $ par jour au lieu de 35...)
Mais avant de prendre une douche régénérante et de me rendre au cabinet du médecin (dans une de ses voitures particulières, conduite par un chauffeur, comme une princesse), j'ai connu quelques émotions...
Habitant pour un temps encore Annecy, je suis partie de Genève où Eva(Evanescente) m'a très gentiment m'accompagnée. A l'enregistrement des bagages, le préposé (un homme jeune) m'interpelle :
"Mais ce ne sont pas vos papiers !"
Préparée à ce genre de situations, je lui répondis très calmement:
"Je suis transsexuelle, je vais me faire opérer en Thaïlande, j'ai joint à mon passeport deux certificats que vous pouvez lire, vous verrez que je vous dis vrai."
Dans le même temps, le visage de mon interlocuteur était devenu cramoisi.
Une heure plus tard, quand je présentais mon passeport au garde frontière suisse, même réticence, même réponse. Le visage de cet homme exprima une totale incompréhension. Après un long silence, il me demanda:
"Là bas, tout est en ordre?"
"Bien sûr"
Répondis-je avec cran...
Aérport de Rome. Je ne parle pas italien, et l'anglais guère mieux.Je tente ma chance en français. EN VAIN... Après bien des errements, j'ai compris qu'il me fallait prendre une navette pour trouver mon bon terminal.
Les complications n'étaient pas fini pour autant. Les billets étant établis au nom d'Al Italia, je m'adressais donc à leur comptoir, on trouva bien mon nom mais pas moyen d'établir pour billet pour embarquer... Le temps passait quand une des femmes eu la bonne idée de téléphoner à un des responsables...
La seconde partie du voyage se faisant sur un avion de China Airlines, il me falalit m'adresser à leur guichet. Nouvelle quête, le burreau n'était pas encore ouvert, mais enfin je savais à qui m'adresser...
Les quelques 10 heures d'avion et les quelques 9.200 kilomètres à survoles (avec deux vrais repas comme avant sur les réseaux européens...) me parurent moins longs que l'attente précédente...
Aéroport de Bangkok. Immense. Vous avez dit immense. Vous êtes encore en-dessous de la réalité... Des couloirs d'une longueur jamais vue, une bonne façon de se dérouiller les jambes. Une modernité harmonieuse.
Nouveau contrôle d'identité. Là, j'ai criant le pire... Incroyable, je me suis trouvée en face d'un préposé qui ne connaissait rien du tourisme médical nous concernant. J'ai puisé en moi mes dernières ressources d'anglais afin de lui montrer l'adresse en tête du certificat que m'avait fait le Dr Chettawut. Ouf, ça marchait. Deux tampons sur le passeport et le droit de séjourner en Thaïlande jusqu'au 10 février. J'en repars le 8, tout va bien.
Il me fallait retrouver Tair au milieu d'une foule se bousculant, de taxis qui ne cessaient de me proposer leurs services... Mais pas de Tair (l'infirmière cheffe du Dr Chettawut) dont j'ai pris une photocopie d'une de ses photos trouvées sur le site du chirurgine.
De son côté, je me doute qu'elle ne doit pas me trouver elle non plus car deux jours avant de partir, j'ai complètement changé de look troquant ma perruque chatain pour une prothèse fixée par une résine, de couleurs mélangées, gris argent, poivre et sel.
M'enhardissant, je demandais à une jeune femem près de moi de composer le n0 de téléphone de Tair que j'avais aussi sur moi. Un bon truc dans cette foule... Au bout de plus de dix minutes et de trois appels, nous finissions pas nous congratuler.
Traversée de Bangkok, de son incroyable mariage de réseaux rapides, de constructions modernes cotoyant bien d'autres misérables, le tout dans une pollution et un bruit difficiles à chffrer et à accepter...
Douche rapide mais régénérante, enfiler des vêtements propres, me sentir bien... Le voyage initiatique commençait vraiment...
A peine 10h30, le chauffeur promis est là. Un long détour pour atteindre près d'un quart d'heure plus tard el cabinet du célèbre médecin, coincé entre deux magasins si peu reluisants que je me suis posée la question:
"Mais où m'a-ton amenée?"
Très courte incartitude en fait. Dès que je suis entrée dans le cabinte, tout a repris un air rassurant. Le chirurgien était là, etouré de toute son équipe.
Après les formalités d'enregistrement (dont la vérification de tous les examens médicaux), je passais dans la salle d'examen. Mesure debout de la verge, estimation du tissu scrotal. Le tout avec beaucoupe de respect.
Puis examen de la poitrine. Là, cela semble plus complexe, mon sein droit est inséré plus bas que le gauche et est beaucoup plus volumineux. Comme je désire une poitrine de taille C (je remplis assez bien un bonnet B), le chrurgien me propose 400 ml à gauche, 375 à droite.
Puis vient le rituel de la remise des dilatateurs (quatre au total pour 100 $...) dans un magnifique petit étui et des formulaires (en anglais) expliquant toutes les précautions que nous avons à prendre de nous-mêmes. Il était temps que cela m'arrive, après ce dernier mois de travail à un rythme fou...
Retour à l'hôtel où je retrouve Stéphanie (connue sur Internet) et son ami. Nous avions convenu, il ya plus de trois mois déjà, de partager la même chambre après nos interventions. Repas de midi à la diète (sans résidu, cela ne laisse pas beacoup de choix, mais là, je suis sûre que je vais perdre une partie des 7 kilos que j'ai pris depuis que je suis sous hormones...)
L'après-midi essentiellement à dormir, tant je sens toute la fatigue accumulée au cours des dernières semaines et enfin autorisée à se manifester.
Le soir, quand nous échangeons avec d'autres clientes de Chet, anglaises, new-yorkaise, néo-zélandaise et même une parisienne de Bretagne parlant parfaitement l'anglais, je suis prise soudaint d'un profond doute avec lequel je passe la nuit: Toutes les autres ont subi des temps opératoires supérieurs à celui que Chet m'a dit estimer pour moi. Pourquoi ? La seule réponse que me vint fut qu'il ne pourrait pas faire aussi bien sur moi que chez les autres, mais pourquoi ? Et pourquoi ne m'avait-il rien dit ?
Quand je vis arriver Tair ce matin à l'hôtel, je m'empressais de lui poser la question. Elle me rassura en me disant que les temps opératoires variaient efectivement d'une personne à l'autre suivant les difficultés rencontrées. Et que si, pour moi, Chet m'avait assuré d'un temps voisin de 6 heures au total, c'est que mes tissus s'y prétaient bien... C'est vrai que je suis particulièrement souple au niveau du bassin.
Ouf.
Bises.
A bientôt
Posté le 06.01.2007 par naimananda
Curieuse sensation que de lire ce matin les quelques lignes qui constituent le certificat du médecin thaïlandais qui va me permettre de passer les frontières sans trop de difficulté...
"Je soussigné, Dr ..., certifie connaître Mme Naïma ... pour être une transsexuelle homme/femme.
Mme Naïma ... fait partie de mes patientes et a été évaluée en tant que telle par le Dr ... ..., médecin psychiatre.
Nous avons jugé qu'elle était éligible pour que j'effectue une vaginoplastie par inversion pénienne et greffe de peau du scrotum, une clitoroplastie, une labiaplastie.
Cette intervention est prévue en janvier à l'höpilal ... de Bangkok.
Fait pour valoir ce que de droit.
Dr ...
(Docteur en médecine, certifié en chirurgie plastique et reconstructrice)"
Combien de fois l'ai-je lu et relu ? Je n'arrivais pas à croire ce qui était écrit... Le rêve devenait réalité...
Oui, dans 9 jours, je serais opérée. Dans 9 jours, si tout se passe bien, je naîtrai enfin... ENFIN...
Posté le 25.12.2006 par naimananda
Bonjour à toutes et à tous....
Drôle de nom que celui que j'ai choisi. Un nom composé d'une première partie issue de l'arabe, et d'une seconde issue de l'hindi...
La raison de ce choix, c'est qu'en fait, c'est le prénom qui m'a choisie...
Depuis, des mois, je cherchais un prénom avec lequel je me sente bien. Aucun ne venait. Aussi, un soir, j'ai pris un calendrier et fait défiler les saints et saintes. En vain...
J’ai fait alors appel à mon intuition. J'ai pris la position méditative et demandé à ma sagesse intérieure (un processus que j'avais appris quelques années plus tôt pour trouver des réponses adaptées à une situation quand la recherche ordinaire a échoué):
"Quel prénom me correspond ? Celui avec lequel mon corps vibre..."
La réponse ne se fit pas très attendre, peut-être une dizaine de minutes: "Naïma"
Effectivement, je me suis sentie immédiatement bien avec lui, comme si j'étais rentrée à la maison. Enfin !
Mais était-ce vraiment un prénom ? Je ne connaissais personne qui se nommait ainsi.
Internet. Deux, trois clics sur un site spécialisé pour découvrir qu'environ six cents personnes portaient ce prénom en France et qu'on leur reconnaissait les qualités suivantes: douceur, caractère délicieux dans les contacts, et surtout détermination.
Douceur, j'avais encore des progrès à faire. Cela s'est vite amélioré dès que j'ai été sous hormones. Merci les oestrogènes et l'androcur.
Caractère délicieux, cela m'était beaucoup plus difficile à admettre... Moi qui avais un regard très sévère sur moi. Merci à toutes celles et à tous ceux qui m'ont aidée depuis et m'aident encore à redresser l'image que j'avais de moi.
Déterminée, cela je voulais bien l'admettre. Surtout depuis que je m'étais engagée dans ma seconde tentative de chirurgie de réassignation sexuelle.
« Ananda » (de l’hindi) ou « sérénité », je l’ai ajouté quasiment tout de suite, me référant à la manière dont sont construits les noms de disciples en Inde. Ainsi, en passant au-dessus de la barrière des langues, Naïma Ananda devenait Naïmananda, ce qui signifie « partir à la recherche de la sérénité intérieure par la douceur, la détermination et le caractère délicieux dans le contact. »
Tout un programme. Un programme avec lequel je me sens bien…
Je suis aujourd’hui femme médecin, généraliste, homéopathe, phytothérapeute, nutrithérapeute, formée au soutien psychologique des patients atteints de maladies chroniques ou/et sévères. Un pedigree qui ne m'a pas particulièrement servi pendant le processus de transformation.
Mon parcours professionnel m'avait déjà marginalisée. Mais en plus de ça, déclarer ma transsexualité à la face de mes confrères, tout spécialistes auto déclarés qu'ils soient, cela… c'était trop.
Pourtant, je ne suis pas la première femme médecin transsexuelle en France.
Mais, que « cela » existe chez les médecins, « cela » confrontait chacun de mes confrères avec la complexité de l'être humain, leur propre complexité. Et j'ai eu vraiment le sentiment que « cela » était au-dessus de leur capacité de remise en cause, du moins pour un certain nombre d'entre eux.
Je veux remercier au passage mon psychiatre de proximité qui m'a accueillie dès le premier contact telle que j'étais (je n'avais pas encore fait mon "coming out") et m'a soutenue tout au long de ces mois terribles et m'a beaucoup apporté tant par sa gentillesse et son humour rafraîchissant.
Le soutien, je l'ai également trouvé grâce à Internet (à certains forums installés dans le respect de chacune, chacun…) puis chez des amis au fur et à mesure que je leur ai révélé ma véritable nature.
Aujourd'hui, jour de Noël, je suis à jour J-21 de l'opération à Bangkok par le Dr Chettawut. Au seuil d'une nouvelle vie dont j’espère beaucoup...
A bientôt.
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